Après plusieurs années de lobbying auprès des gouvernements successifs, le syndicat des entreprises de technologies de production obtient le lancement d’un programme national afin de promouvoir la robotique auprès des PME françaises.

C’est à l’issue de huit ans de lobbying que le Symop a obtenu un plan de soutien de la robotique auprès des PME. S’appuyant sur les chiffres de l’Insee qui montraient que le parc de robots industriels installés en France comptait deux fois moins de robots que le parc italien et quatre fois moins que le parc allemand, et que les deux tiers des robots installés en France étaient exploités par des grandes entreprises, le syndicat des entreprises de technologies de production lançait alors le plan Robocaliser.

Ce plan visait à expliquer aux PME que délocaliser la production dans un pays à faible coût de main-d’œuvre n’était pas une fatalité et que, justement, la robotique permettait de garder les usines en France. Une initiative désormais relayée par l’Etat français sous la forme du plan Robot Start PME. L’Etat va financer l’étude de mise en œuvre, puis 10% du coût d’acquisition des cellules robotiques. Enfin, une étude d’impact sera réalisée à l’issue du projet. « L’équipement de ces 250 PME n’est pas une fin en soi, précise Vincent Schramm, directeur général du Symop. L’objectif est aussi d’objectiver précisément les gains obtenus par chacune de ces PME, dans chacun de leurs secteurs d’activité, et de pouvoir ensuite s’appuyer sur ces chiffres pour convaincre d’autres PME. » Les PME qui bénéficieront de l’aide de l’Etat seront sélectionnées par types d’applications et par secteur d’activité, de manière à pouvoir calculer un ROI (retour sur investissement) du robot dans chaque cas d’utilisation. De quoi convaincre les patrons de PME, souvent très pragmatiques, qui aiment bien savoir combien leur rapportera réellement leur investissement.

En outre, pour soutenir le secteur automobile, 2 millions d’euros supplémentaires ont été débloqués afin d’aider des équipementiers de la filière à installer une centaine de cellules robotisées.

Si le Symop se félicite du volet PME du plan Montebourg pour la robotique, Vincent Schramm déplore l’absence de toute aide pour les entreprises qui mettent en place les systèmes industriels, ces entreprises qui conçoivent les usines  du futur. Un secteur où la France dispose d’entreprises en pointe. Ainsi en mars dernier, Fives a réalisé l’acquisition de MAG Americas, une acquisition de 400 millions de dollars qui lui a ouvert en grand le marché américain.

Vincent Schramm se montre plus prudent quant au volet relatif à la robotique de service, qui, selon lui, n’en est qu’à ses prémices : « La robotique de service est encore essentiellement tirée par les vente des aspirateurs et des tondeuses. C’est un secteur à ne pas négliger, c’est vrai, mais nul ne sait à quelle échéance les entreprises de ce secteur pourront bâtir de véritables modèles économiques. Ça a été un peu la même chose sur les marché des smartphones et tablettes qui ont stagné jusqu’à ce qu’ils explosent aujourd’hui. Il reste à savoir quand. » Le Symop cherche a privilégier les ponts entre robotique de service et robotique industrielle : « Il y a des points de convergences entre ces deux mondes, que ce soit dans le domaine de l’intelligence artificielle, des capteurs ou des systèmes interactifs », ajoute Vincent Schramm.