Femme DSI, Christel Loitron a connu plusieurs vies professionnelles dans l’IT, à commencer par la programmation, avant de prendre la direction des systèmes d’information du groupe Stelliant. Bien plus que la technique, elle trouve sa motivation dans les usages que l’on peut en faire…

Portrait de Christel Loitron, DSI Groupe chez Stelliant

Pendant ses études, au cours d’une maîtrise de mathématiques appliquées aux sciences sociales, Christel Loitron découvre la programmation. « Ça m’a apporté un côté fun et, encore plus, satisfaisait mon besoin de voir le résultat concret de ce que j’entreprenais », se souvient-elle.

Sur cette lancée, elle prend naturellement en charge un projet pour informatiser les processus de gestion des dossiers lors de son premier emploi, chez Cogiroute La Hénin. « Il fallait tout mettre en place et tout développer, base de données, tableur pour le calcul des intérêts, traitement de texte pour l’envoi automatique des courriers, former les équipes, assurer le support… », détaille-t-elle.

Trois années après, certaine d’avoir trouvé sa voie avec la programmation, Christel Loitron entre chez l’éditeur Concept (aujourd’hui Sage), « pour travailler dans une entreprise dont c’était le métier de programmer », souligne notre interlocutrice. Elle y prend en charge le développement de logiciels comptables.

C’est aussi l’occasion de tester ses compétences de management – « j’étais crédible auprès des développeurs », souligne-telle –, et de découvrir le développement de solutions spécifiques pour des grands comptes. Si elle a rapidement quelques velléités de bouger, l’éditeur sait la retenir.

Mais quand, dix ans après, elle est sollicitée pour « remettre sur les rails un projet SAP en difficulté chez OCP », elle accepte le challenge. « J’ai découvert le monde de la production et de l’exploitation. Je ne savais pas ce qu’était un traitement batch, le tuning de bases de données, le dimensionnement des serveurs… », se souvient-elle. Malgré quelques frayeurs, comme un batch de nuit qui durait 24 heures…, le projet aboutit.

Forte de cette réussite, elle prend en charge au cours des années suivantes d’autres responsabilités IT, jusqu’à devenir DSI.

En 2013, une réorganisation du groupe réduit son périmètre d’activité. « Téméraire mais pas kamikaze, j’ai quitté l’entreprise et confirmé lors d’un bilan de compétences que j’aimais gérer les situations de crise », résume-t-elle.

Par choix, elle poursuit sa carrière en tant que DSI de transition. Les missions s’enchaînent, mais lui laissent tout de même le temps de s’occuper de ses trois enfants, de ses cinq petits-enfants, et même de voyager. « J’étais dans un van en Australie avec ma cadette quand j’ai été appelée pour rejoindre la DSI de Gifi », illustre-t-elle en souriant.Elle découvre à cette occasion le monde du retail. Dans le cadre d’une autre mission, elle s’investit sur le projet d’ouverture d’une usine au Brésil pour Sodebo.

Sa dernière mission ? « Chez Stelliant, j’ai retrouvé le sentiment d’appartenance à une équipe. Sans que la routine s’installe », conclut Christel Loitron.

CE QUE J’APPRÉCIE CHEZ STELLIANT > L’entreprise est dynamique. Elle rachète d’autres sociétés tous les six mois. Ce qui se traduit naturellement par des projets de réorganisation, d’harmonisation de système d’information… En outre, je suis membre du comex. À ce titre, je contribue à la digitalisation des métiers et à intégrer l’IT dans la stratégie de l’entreprise.

CE QUE J’AI PRÉFÉRÉ DANS MON RÔLE DE DSI DE TRANSITION > La variété des secteurs d’activité des entreprises. Après avoir passé des années dans l’édition logicielle et la distribution, j’ai découvert la banque, l’industrie, le retail…De plus,
cela m’a permis de voyager.

LES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES AU COURS DE MA CARRIÈRE > Faire travailler efficacement les métiers et les équipes de la DSI reste parfois compliqué. C’est aussi un challenge intéressant. Dans un autre registre, le milieu informatique demeure
majoritairement masculin. Si j’ai rencontré beaucoup de gens intelligents, il m’est arrivé de me heurter à des attitudes misogynes.

QUEL EST MON CHEVAL DE BATAILLE ? > Depuis mes débuts, plus que par la technique, je suis motivée par l’usage que l’on peut en faire pour la mettre au service des métiers. Depuis 35 ans déjà, j’aide à automatiser et à industrialiser les organisations. Si j’ai, bien sûr, changé d’échelle depuis ma première entreprise, il s’agit toujours d’accompagner les métiers.

Parcours de Christel Loitron

Depuis 2018 : DSI groupe, Stelliant
  2013-2018 : DSI de transition (Equatex, Gifi, Quinoa, Sodebo)
  2012-2013 : Directrice IT régionale, Celesio AG
  2006-2013 : DSI, OCP Répartition
  1998-2006 : Dir. de projet, responsable de département puis directrice des études, OCP Répartition
  1988-1998 : Chef de projet, puis responsable de développement, Concept SA (aujourd’hui Sage)
  1985-1988 : Chef de projet, Cogiroute La Hénin