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Stéphane Prévost (Stormshield) « La souveraineté doit s’inscrire dans une réponse globale aux besoins des clients »

Par Frédéric Bergonzoli, publié le 12 mai 2026

L’éditeur français mise sur son réseau 100 % indirect pour porter Encryption Platform auprès des entreprises. Parmi les arguments channel : souveraineté, simplicité SaaS, intégration transparente et confiance certifiée.


Entretien avec Stéphane Prévost, product marketing manager, Stormshield


Quel est l’intérêt de Stormshield Encryption Platform pour vos partenaires ?

Nos distributeurs, revendeurs et intégrateurs assurent une grande proximité avec les clients finaux. Avec Stormshield Encryption Platform, ils peuvent compléter leurs offres autour de Microsoft 365 ou Google Workspace par une réponse souveraine sur la protection des données sensibles, notamment face aux risques liés aux législations extraterritoriales comme le Cloud Act. Au-delà de la souveraineté, l’intérêt de l’offre tient d’abord à sa simplicité de mise en œuvre. Stormshield Encryption Platform est une solution SaaS, disponible rapidement, sans projet d’intégration lourd ni infrastructure spécifique à déployer chez le client. Pour le partenaire, le cycle de mise en place est plus court, la charge d’exploitation est limitée ; la plateforme étant opérée par Stormshield, il peut se concentrer davantage sur le conseil, l’accompagnement et la valeur métier.

L’autre bénéfice important concerne l’expérience utilisateur. Il n’y a pas d’agent à installer sur les postes, ce qui évite les problématiques classiques de compatibilité, de maintenance ou de support liées au parc existant. L’intégration se fait directement avec les environnements Microsoft 365 ou Google Workspace. Les collaborateurs conservent donc leurs usages quotidiens, sans rupture dans leurs habitudes de travail. C’est un point déterminant : une solution de sécurité n’est efficace que si elle est effectivement adoptée. En limitant les contraintes pour les utilisateurs, on facilite son déploiement et son acceptation.

Quels profils distinguent votre programme de partenariats ?

Le programme partenaires de Stormshield repose sur des niveaux d’expertise, liés notamment aux formations et certifications obtenues. Mais il n’existe pas de segmentation formelle entre partenaires Microsoft 365, Google Workspace, Confluence ou Kubernetes. Les spécialisations s’établissent naturellement selon leur historique, leurs compétences et les besoins de leurs clients.

Comment aidez-vous le channel à vendre la souveraineté comme un avantage concret ?

La souveraineté ne doit pas être présentée comme un simple marqueur institutionnel. Pour être entendue, elle doit s’inscrire dans une réponse globale aux besoins des clients : sécurité, conformité, maîtrise des données, continuité d’activité et réduction des risques. Nous accompagnons donc nos partenaires avec des messages, des supports d’aide à la vente, des contenus pédagogiques et des arguments qu’ils peuvent adapter à chaque contexte.

Nous savons aussi qu’un partenaire ne peut pas raisonner uniquement à partir de ce critère. Certains besoins fonctionnels conduisent encore à proposer des solutions américaines ou non européennes. Notre approche n’est donc pas de pénaliser ces choix, mais d’aider les partenaires à positionner Stormshield lorsque la protection des données, la confiance numérique ou la maîtrise juridique deviennent prioritaires. Cet accompagnement passe par nos équipes commerciales régionales, nos channel managers et des formats dédiés, comme des webinars sur la souveraineté. L’objectif est de transformer un sujet parfois abstrait en bénéfices lisibles : mieux contrôler ses données, limiter l’exposition aux législations extraterritoriales et renforcer la confiance dans les usages collaboratifs.

Comment la demande de souveraineté évolue-t-elle en France et en Europe ?

La prise de conscience progresse, sous l’effet du contexte géopolitique et des réglementations comme NIS et NIS2. Ces cadres élèvent le niveau d’exigence en cybersécurité, même s’ils ne favorisent pas explicitement les solutions européennes. Reste que les grands acteurs américains conservent une avance fonctionnelle, marketing et commerciale considérable, ce qui rend le changement d’habitudes difficile.

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