C’est une conséquence assez prévisible de l’affaire Snowden : 90 % des décideurs IT ont modifié le regard qu’ils portaient sur le cloud. À la suite des révélations faites par l’ancien employé de l’Agence américaine de sécurité nationale (NSA), qui avait dévoilé une cybersurveillance aussi clandestine que massive des cloud, les entreprises revoient leur copie sur le sujet.

C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude menée par NTT Communications, qui a interrogé en février et mars 2014 un millier de décideurs IT en Allemagne, en France, à Hong Kong, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Tous représentent des entreprises de 1 000 salariés et plus, dans les secteurs de la finance, de la distribution, de l’industrie, des services, de l’informatique et de l’énergie.

38 % des décideurs ont modifié leurs accords

Il apparaît ainsi que 88 % des sociétés interrogées entendent changer leur comportement d’achat, et 38 % ont même franchi le Rubicon, modifiant les conditions de leurs accords avec les fournisseurs de cloud, quitte à en changer. Trente pour cent des décideurs ont même déplacé leurs données après cette affaire, là où ils pensent qu’elles seront plus en sécurité.

Pour 95 %, la question de la localisation des données s’avère cruciale et 62 % de ceux qui n’utilisent pas encore le cloud assurent que cette affaire les a freinés à se tourner vers une solution de ce type. Les décideurs ont même été 16 % à retarder ou annuler purement et simplement la signature d’un contrat avec un fournisseur de cloud.

82 % suivent Angela Merkel

Selon l’étude, les décideurs IT semblent aussi accorder leur confiance aux fournisseurs de cloud qui leur sont proches. C’est le cas des Américains (92 %) et surtout des Européens (97 %). Cependant plus de 4 sur 5 restent méfiants, considérant qu’une formation sur la protection des données et son cadre légal serait la bienvenue.

Ils sont même 82 % à considérer qu’Angela Merkel a raison de vouloir séparer les réseaux de données. Le projet de la chancelière allemande, qui souhaite en substance que les données collectées en Europe ne transitent pas par un autre continent, a pourtant très peu de chances d’aboutir à l’heure d’un Internet plus mondialisé que jamais.

« Les dirigeants d’entreprises doivent se rappeler que les plates-formes de cloud computing aident les entreprises à devenir plus agiles et à favoriser l’innovation technologique, même dans les sociétés les plus réticentes au risque », assure Len Padilla, vice-président de la stratégie produit chez NTT Communications en Europe. « Les DSI travaillent dur pour trouver des moyens de conserver ces avantages, tout en protégeant les entreprises contre tous les types d’attaques et de risques. Il y a lieu de rester optimiste car l’industrie IT va résoudre ces problèmes en permettant la localisation des données et le cryptage des données. »

Manifestement, l’optimisme somme toute attendu du spécialiste japonais des télécommunications n’est pas partagé par l’ensemble du secteur IT…