La SSII française Atos a annoncé lundi qu’elle planchait sur un projet d’offre publique d’achat pour s’offrir son compatriote Bull. L’opération, qui valoriserait le groupe à hauteur de 620 M€, pourrait aboutir à la création du numéro un européen du cloud.
Dans un communiqué cosigné par les deux entités, Atos dévoile les détails de cette OPA : l’entreprise propose 4,90 € par action Bull, un montant supérieur de 22 % au dernier cours coté du titre et qui représente une prime de 30 % sur la moyenne du cours de Bull sur le dernier trimestre.

Offre amicale…
Crescendo Industries et Pothar Investments, les deux principaux actionnaires de Bull (24,2 % au total), ont confirmé qu’ils s’engageaient à apporter leurs titres à l’offre. Les deux groupes ont donné leur feu vert à ce projet d’OPA, qui a été soutenu à l’unanimité par les membres de leurs conseils d’administration.
Fondée dans les années 1930, Bull a connu son heure de gloire au début des années 1960, portée par le développement de l’informatique. En dépit d’une histoire tourmentée, le groupe s’est maintenu jusqu’alors, malgré de multiples plans de sauvetages au début des années 2000.

… et nécessaire
Le développement de son activité cloud, ces dernières années, lui a même permis de redorer son blason et de stabiliser son chiffre d’affaires. En 2013, il se portait à 1,26 Md€, comparable à celui de l’exercice précédent.
Ce volume stable ne lui a cependant pas permis de maintenir sa rentabilité. En 12 mois, son bénéfice net a été divisé par trois, à 10,9 M€. Une chute spectaculaire qui s’est accompagnée de l’annonce d’un nouveau plan de restructuration en début d’année.
Avec ce rapprochement, Atos estime que sa rentabilité devrait être améliorée dès la première année, et table sur un accroissement de son bénéfice « d’au moins 10 % » d’ici deux ans. Une période au cours de laquelle la SSII basée à Bezons pense également générer des synergies de coûts de l’ordre de 80 M€.