Le monde du développement en entreprise est en pleine ébullition. Dans la foulée du DevOps et du cloud privé, les développements No-Code/Low-Code se multiplient et le Serverless se généralise. Pas étonnant, dès lors, de voir les plateformes leaders du cloud s’y intéresser.

Juin est un mois traditionnellement riche en grandes conférences internationales et donc en annonces. Pandémie oblige, les conférences se font désormais en ligne et les annonces se font plus discrètes. Mais l’innovation se poursuit néanmoins chez tous les acteurs du marché. Et cette semaine s’est révélée plutôt intense pour le monde du développement avec deux lancements d’importance si l’on omet la conférence WWDC d’Apple et l’annonce d’une migration dans les deux ans de ces macs sur les processeurs Apple Silicon à architectures ARM en lieu et place des processeurs Intel et GPU AMD.

Honeycode, la solution no-code d’Amazon

Première annonce importante, l’arrivée d’AWS sur le marché déjà très encombré des solutions de développement « no-code/low-code » destinés aux « Citizen Developers ». Amazon Honeycode vient directement marcher sur les platebandes de Salesforce, Mendix, Appian, OutSystems, PegaSystems, Kony, AirTable, ReTool, Ninox et bien évidemment Microsoft avec sa Power Platfom (Power Apps, Power Automate, Power BI, Power Virtuel Agents).

Amazon Honeycode permet à tout utilisateur avancé de transformer n’importe quelle table de données (l’interface du service est centrée sur une vue façon tableur) en une application mobile ou Web. Et ceci sans écrire la moindre ligne de code ! L’utilisateur commence par sélectionner ses données et les affiche sous forme de tables. Il peut alors transformer cette vue en formulaire en créant par drag and drop une interface utilisateur et en associant chaque composant de l’interface à une colonne de données. Il peut ensuite ajouter des actions et des événements à partir d’un ensemble prédéfini et les personnaliser pour créer une sorte de workflow de tâches. Tout se fait de façon très conviviale à la souris.

Salesforce en pince pour le FaaS

À l’occasion de la conférence virtuelle TraiheaDX 2020, Salesforce a annoncé toute une flopée de nouveaux services à destination des développeurs qui utilisent sa plateforme pour construire des applications métiers. Outre Code Builder (un environnement optimisé pour Salesforce construit au-dessus de l’environnement de développement collaboratif en ligne Visual Studio Codespaces de Microsoft) et un nouveau DevOps Center (un espace collaboratif fluidifiant la livraison d’applications conçues au-dessus de la plateforme Salesforce), l’éditeur a surtout annoncé « Salesforce Functions » une plateforme Serverless FaaS (Function as a Service) pour rapidement construire un ensemble de fonctionnalités Business s’appuyant sur la plateforme Salesforce sans se soucier de la plomberie et des problématiques de déploiement. Les développeurs se contentent d’écrire le code de leur fonctionnalité qui s’intègre à leurs données et événements Salesforce et la plateforme se charge de le déployer, de l’opérer et de s’assurer de sa montée en charge avec une élasticité totale. Il permet aux équipes de développement de se concentrer sur la fourniture d’applications et de logique d’entreprise rapidement, sans se préoccuper de l’infrastructure. Elles peuvent utiliser les langages qu’elles utilisent habituellement, tels que Node.js, Java et Apex, tout en tirant pleinement parti des écosystèmes open source. Les développeurs peuvent rapidement construire, tester et déboguer des fonctions localement à l’aide des outils de développement Salesforce qu’ils utilisent déjà. Salesforce Functions s’intègre à tout l’univers Salesforce. Les fonctions sont aisément appelables depuis n’importe quel code Apex mais aussi depuis les outils d’automatisation de workflows comme Flow et peuvent même être distribuées dans le cadre des packages AppExchange.