ChannelScope
Benjamin Colin (Acer) « Notre portail doit faire gagner du temps aux revendeurs, les aider à préserver leur marge et leur donner accès à des ressources utiles sans complexité excessive »
Par Frédéric Bergonzoli, publié le 11 juin 2026
Acer lance son Channel Partner Portal, un espace destiné à fluidifier la relation avec ses revendeurs. Fast Bid, deal registration, programmes partenaires, support local et IA, le constructeur taïwanais explique comment son nouveau portail accélère le business indirect.
Entretien avec Benjamin Colin, directeur des ventes B2B Acer France.
Que remplace votre Channel Partner Portal ?
Jusqu’ici, nos partenaires devaient naviguer entre plusieurs portails : un pour certaines informations marketing, un autre pour les programmes revendeurs, d’autres encore pour des ressources commerciales ou produits. Notre Channel Partner Portal regroupe désormais tout cela dans un espace unique. Ce portail s’inscrit dans la stratégie Acer for Business, qui repose sur quatre piliers : le 100 % indirect, des solutions dédiées aux professionnels, l’éco-responsabilité et le service. Comme notre activité B2B passe exclusivement par un réseau de revendeurs, il était essentiel de leur donner un outil plus fluide, plus lisible et plus efficace. Ce portail est un accélérateur de business. Il doit aider les partenaires à mieux vendre, à vendre plus vite et à accéder plus simplement aux informations utiles à leur activité quotidienne.
Quelles sont les principales nouveautés ?
La nouveauté la plus structurante est le Fast Bid. Un revendeur qui identifie une opportunité chez un client final peut demander rapidement un support commercial Acer. Le portail est connecté à notre CRM, ce qui permet de relier nos équipes, le revendeur et le client identifié. La cotation est ensuite partagée avec le grossiste concerné, car, encore une fois, notre modèle reste 100 % indirect. Le partenaire conserve donc son circuit habituel, mais bénéficie d’un traitement plus rapide et mieux structuré. Le deal registration est une autre nouveauté qui permet d’aller plus loin sur des projets plus longs ou plus complexes. L’enjeu est de mieux suivre les affaires, d’identifier les clients finaux et d’accompagner les partenaires avec davantage de précision.
Comment comptez-vous faire adopter ce portail par les revendeurs ?
Son adoption passera par la valeur concrète qu’il représente. Le portail doit faire gagner du temps aux revendeurs, les aider à préserver leur marge et leur donner accès à des ressources utiles sans complexité excessive. Nous y intégrons plusieurs programmes, dont le programme Loyalty, pensé pour les partenaires qui adressent plutôt des PME et TPE. Il permet de bénéficier de remises trimestrielles sous forme d’avoirs, sans mécanique lourde d’objectifs : c’est important, le portail n’est pas réservé aux plus gros partenaires. Nous nous appuyons aussi sur nos équipes commerciales et nos grossistes pour favoriser son adoption. Des outils comme des e-mailings, des newsletters et des communications régulières vont également accompagner la bascule. Chaque nouvelle fonctionnalité sera régulièrement mise en avant auprès des partenaires.
Quels indicateurs allez-vous suivre pour mesurer son impact ?
Nous allons d’abord suivre des indicateurs simples : nombre de partenaires enregistrés, nombre de demandes Fast Bid, taux de transformation, usage du deal registration et activité globale sur le portail. Nous visons environ une centaine de nouveaux revendeurs enregistrés par mois, soit un objectif d’environ 600 partenaires embarqués d’ici la fin de l’année. En France, nous adressons entre 3 500 et 4 000 revendeurs, toutes familles de produits confondues. Mais l’enjeu n’est pas seulement l’enregistrement. Il faudra rendre ces partenaires actifs, en les alimentant régulièrement en informations produit, contenus marketing, certifications, programmes de remises, modules de comparaison et informations liées au service.
Qu’est-ce qui distingue ce portail de ceux des autres constructeurs ?
La différence que nous voulons porter, c’est la combinaison entre automatisation et relation humaine. Le portail apporte de la rapidité, du suivi et de l’autonomie, mais derrière chaque demande, nous voulons conserver un lien direct avec nos équipes. C’est particulièrement vrai sur le support. Les revendeurs peuvent suivre leurs dossiers SAV, accéder aux extensions de service et échanger avec des collaborateurs Acer situés en France. Notre SAV intégré au groupe et localisé en France reste une vraie valeur ajoutée. À cela s’ajoute le renforcement de l’approche end-user avec cinq commerciaux terrain dédiés aux clients finaux. Leur rôle n’est pas de contourner les revendeurs, mais de leur apporter davantage d’opportunités et de nous positionner comme un porteur d’affaires pour eux. Demain, l’IA pourra aussi enrichir le portail, par exemple pour orienter un partenaire vers la bonne gamme, proposer des services complémentaires ou automatiser certaines réponses sur les stocks et les délais. Mais nous voulons avancer avec prudence, notamment sur la sécurité des données.
