Le directeur Technique et Sécurité de Microsoft en France est un « Agent du changement ». Sans détour, cet ex-professeur de mathématiques compile son travail et ses valeurs avec brio.

Bernard Ourghanlian aime mettre les pieds dans le plat. Dans deux plats, pour être exact. Les sciences dures et la culture. Ce docteur en mathématiques, un temps dans l’enseignement pour financer ses études et qui aurait pu embrasser une carrière de musicien professionnel, est le chef d’orchestre de la branche « sécurité » chez Microsoft. Posé, assuré, il n’a pas la langue dans sa poche. Arrivé chez l’éditeur en 1999 au poste de CTO après douze ans passés chez Digital France, où il a notamment participé à la conception et au développement de l’architecture et des microprocesseurs Alpha, Bernard Ourghanlian se souvient : « C’était alors le début de la prise en compte des besoins du monde de l’entreprise par Microsoft. »

Ce n’est qu’en 2003 qu’il entre officiellement dans le monde de la sécurité. Une problématique alors sous-estimée par le monde de l’IT et des entreprises. « Il faut bien comprendre qu’à cette période, tout le monde se moquait de la sécurité », clame le personnage. En août 2013, alors que le ver Blaster fait des ravages, tout le CAC 40 est touché et, chez Microsoft, la tension monte crescendo. De 400 appels par semaine, la hotline atteint les 16 000 appels quotidiens. Devant la paralysie générale, Bernard Ourghanlian prend la direction opérationnelle de l’entreprise en France, cinq semaines durant. L’ensemble des employés du groupe est mis à contribution pour aider les clients. Cette crise, qui a profondément marqué les équipes de Microsoft, lui permet toutefois de révéler encore un peu plus ses compétences. « Elle nous ramène aussi à un peu plus d’humilité », confie-t-il.

Très attaché à la protection de la production des entreprises françaises et à une utilisation optimale du numérique, Bernard Ourghanlian, par ailleurs membre des conseils d’administration du Syntec Numérique et de l’université Paris-Sud, plaide pour une éducation de qualité via internet. Et si l’homme aurait pu faire carrière aux États-Unis, au siège de Microsoft, il a pourtant choisi de rester en France. Un choix pour préserver « l’harmonie de sa vie ». « Je ne me suis jamais résolu à m’installer outre-Atlantique », affirme-t-il. Un choix personnel assumé pour cet adepte de concerts et de théâtre, très attaché à la culture européenne.

Par Adrien Geneste et Pierre Landry