IA, ROI, audits la nouvelle ligne de front des DSI en 2026 et au-delà

Gouvernance

CIO : En 2026, l’IA faiseuse de rois ?

Par François Jeanne, publié le 18 mars 2026

Une étude de Dataiku montre que la majorité des DSI s’attendent à une année agitée sur le front de l’IA, si celle-ci ne produit pas les résultats escomptés par les dirigeants. Au point de craindre pour leurs budgets, voire pour leurs postes.

Ils ne sont pas rassurés, c’est certain. Même si l’étude menée par Harris Poll pour l’éditeur Dataiku préfère insister sur les risques pesant sur le budget de leur direction, au cas où l’IA ne produirait pas de résultats positifs d’ici 2026, une autre inquiétude transparaît chez les DSI.
Dans ce rapport, baptisé The 7 Career-Making AI Decisions for CIOs in 2026, 74 % des quelque 600 CIO de grandes entreprises interrogés dans le monde, admettent en effet que leur poste pourrait être fragilisé si leur entreprise ne démontre pas, dans les deux ans à venir, des gains de performance mesurables grâce à l’IA.
Et ils sont 71 % à penser que c’est dès la mi-2026 que leurs budgets pourraient être menacés.

Les limites du quoiqu’il en coûte

À l’origine de cette pression qui monte, un constat : si les entreprises ont dépensé jusqu’ici sans compter ou presque en matière d’IA, certaines commencent à se poser des questions. Les passages à l’échelle et les retours sur investissements attendus se heurtent pour l’instant à des performances en retrait des – folles ? – attentes, la gouvernance laisse à désirer et les choix initiaux de certains fournisseurs sont remis en question.

Les CIO sont d’ores et déjà tenus de rendre compte : presque tous (95 %) le font directement auprès du comité de direction, et près de la moitié d’entre eux (46 %) y sont astreints chaque mois. Ils doivent aussi se justifier : 62 % admettent que leur CEO a remis en question certaines de leurs décisions.

Par ailleurs, ce que Dataiku appelle « la tolérance financière pour la courbe d’apprentissage » – en d’autres termes le « quoi qu’il en coûte » – s’effondre. Sept CIO sur dix s’attendent à de nouveaux audits ou à des exigences accrues en matière d’explicabilité dans les prochains douze mois. Et 85 % reconnaissent que des insuffisances en matière de traçabilité ou d’explicabilité ont déjà retardé, voire arrêté, la mise en production de projets d’IA.

Une des explications tient sans doute à la persistance de la shadow IA. Plus de la moitié du panel (54 %) reconnaît avoir déjà identifié des « IA fantômes » non autorisées au sein de leur organisation. Une écrasante majorité (82 %) savent que les employés développent des agents et des applications à un rythme incontrôlable par l’IT.
Et 89 % estiment que cet usage non encadré de l’IA pourrait créer une dette technologique significative.

Enfin, le surgissement de l’agentique n’arrange pas les choses : 87 % des CIO affirment que des agents IA sont déjà embarqués dans des opérations, mais seuls 25 % disposent d’une visibilité claire et en temps réel sur l’ensemble des agents en activité.


Les DSI français mieux lotis ?

Dataiku précise que 75 CIO français faisaient partie de son panel. Avec des résultats légèrement différents de leurs homologues dans le monde. Par exemple, ils sont plus nombreux à attribuer des retards systématiques dans la mise en production de l’IA à des lacunes en matière d’explicabilité, et à anticiper de nouveaux audits ou des exigences accrues en la matière dans les douze prochains mois. En revanche, la pression exercée par la direction semble légèrement moins forte en France. Preuve du réalisme des dirigeants ou simple retard à l’allumage ?


À LIRE AUSSI :

À LIRE AUSSI :

Dans l'actualité

Verified by MonsterInsights