L'IA agentique quitte le labo, Big Data & AI Paris 2026 l'emmène en production

Data / IA

Big Data & AI Paris 2026 ouvre demain en pleine polémique sur l’accélération de l’IA

Par Laurent Delattre, publié le 14 septembre 2026

Alors que plus d’une centaine d’acteurs de la tech et de la cybersécurité viennent d’appeler à renforcer d’urgence les défenses face aux attaques dopées à l’IA, Dario Amodei réclame désormais de ralentir la course aux modèles les plus avancés. C’est dans ce climat assez électrique que Big Data & AI Paris 2026 ouvre ses portes demain. Pendant deux jours, IT for Business sera au cœur du salon pour confronter ces grandes alertes aux réalités des DSI, CDO, RSSI et responsables IA.

Demain, mardi 15 septembre, Big Data & AI Paris 2026 ouvre ses portes dans un climat singulier. Jamais l’IA n’a autant accéléré. Et rarement ceux qui la construisent, la déploient ou la sécurisent n’ont autant appelé à la prudence.
Fin août, plus d’une centaine d’entreprises, parmi lesquelles OpenAI, Anthropic, Google et Microsoft mais aussi CrowdStrike, Okta ou Fortinet, ont signé un appel commun autour d’un constat assez brutal : « la fenêtre est limitée » pour renforcer les cyberdéfenses avant que les attaques dopées à l’IA ne deviennent beaucoup plus nombreuses et sophistiquées. Infrastructures critiques, santé, industrie, chaînes d’approvisionnement…

Et, ce week-end, Dario Amodei a encore élevé le niveau d’alerte. Le patron d’Anthropic appelle désormais à « cadencer », comprenez ralentir, la progression de l’IA frontière. Son plan repose notamment sur davantage d’évaluations indépendantes, une coordination entre les grands laboratoires et, à terme, des mécanismes internationaux destinés à éviter que la course aux modèles les plus puissants ne dépasse les capacités de contrôle de leurs concepteurs. Sam Altman et Elon Musk ont publiquement soutenu l’idée d’un ralentissement.

Le paradoxe est saisissant. D’un côté, l’industrie explique qu’il faut lever le pied. De l’autre, les entreprises doivent déjà intégrer des modèles toujours plus autonomes, leur ouvrir des données, leur donner accès à des outils et, avec l’IA agentique, les laisser commencer à agir.

C’est précisément dans ce monde paradoxal qui a monté en intensité que s’ouvre Big Data & AI Paris 2026.

L’industrialisation de l’IA entre dans le dur

Les 15 et 16 septembre, Paris Expo Porte de Versailles accueillera une nouvelle édition d’un salon qui revendique cette année un recentrage très clair sur les décideurs d’entreprise. DSI, CTO, CDO, responsables Data, équipes IA, gouvernance et métiers sont au cœur du dispositif. Le programme assume d’ailleurs explicitement un objectif : parler moins de démonstrateurs et davantage d’industrialisation.

Dit autrement, l’époque où l’on pouvait présenter un chatbot connecté à trois PDF comme une stratégie IA commence sérieusement à dater.

Le programme s’organise autour de trois grands terrains de jeu : construire une architecture data moderne et scalable, mettre en place une gouvernance Data & IA robuste et réglementairement défendable, puis transformer cette infrastructure en résultats métier mesurables.

Dans les faits, presque tous les sujets qui préoccupent actuellement les DSI vont s’y croiser : IA générative et agentique, qualité et gouvernance des données, cybersécurité, souveraineté, réglementation, passage à l’échelle, adoption par les métiers et, évidemment, retour sur investissement. Et une question de fond : jusqu’où on peut l’intégrer au système d’information sans multiplier les angles morts ?

La cyber sera donc nécessairement l’un des fils rouges de ces deux journées. Et pas seulement sous l’angle classique de l’IA utilisée pour détecter davantage de menaces. Les incidents récents ont fait apparaître l’autre face du problème : des IA suffisamment capables pour rechercher des vulnérabilités, automatiser des attaques ou prendre des initiatives qui n’avaient pas été prévues par leurs opérateurs. L’IA devient simultanément un outil de défense, un multiplicateur de puissance pour l’attaquant… et un nouvel actif qu’il faut lui-même sécuriser.

Data, souveraineté et puissance de calcul

Même changement de perspective autour de la data. Plus les modèles deviennent puissants, plus le facteur différenciant se déplace vers les données auxquelles l’entreprise peut réellement leur donner accès. Qualité, catalogage, droits d’accès, traçabilité et contextualisation redeviennent donc centraux.

Et derrière l’IA, il y a toujours des machines.

Big Data & AI Paris 2026 consacre ainsi un Village Advanced Computing au HPC et aux infrastructures de calcul, codéveloppé avec Systematic et Hello Tomorrow. Là encore, le sujet dépasse largement la technique : coût du calcul, disponibilité des accélérateurs, localisation des infrastructures et dépendance aux fournisseurs sont désormais des questions de stratégie IT autant que d’architecture.

Le salon annonce également plus de 200 workshops répartis dans cinq salles et 50 sessions de Startup Pitches. Ces formats, tout comme le Village Advanced Computing, restent accessibles avec les différentes catégories de pass. Les grandes conférences consacrées à l’industrialisation de l’IA nécessitent en revanche un Full Pass ou un pass VIP.

IT for Business déplace son plateau au cœur du salon

IT for Business sera évidemment présent pendant ces deux journées avec son plateau TV placé directement au cœur de l’événement.

Pas de direct cette année pour favoriser des rencontres plus riches et des échanges qui entrent plus au cœur des questionnements et des réponses. Prendre le temps de comprendre ce qui fonctionne réellement lorsqu’une entreprise industrialise l’IA. Ce qui coince encore. Ce que l’arrivée des agents change dans les architectures. Comment évoluent les responsabilités entre DSI, CDO et RSSI. Comment gouverner les usages sans bloquer l’innovation. Comment sécuriser les modèles, les données et leurs accès. Et surtout comment distinguer ce qui relève déjà de la transformation réelle de ce qui reste, parfois, un très joli PowerPoint.

Parmi les premiers invités confirmés figurent :

  • Julien Anthonioz-Blanc, ministère de l’Intérieur ;
  • Samir Amellal, Directeur Général Adjoint Tech de France Travail ;
  • Gilles Bontemps, Directeur de mission à la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie (CNAM) ;
  • Guillaume Chevron, Lead Cybersecurity Data Scientist chez TotalEnergies ;
  • Claire Mathieu, Directrice Data & IA de Suez.

D’autres DSI, CDO et experts viendront compléter cette programmation au fil des deux journées.

L’enjeu sera moins de leur demander s’ils « croient à l’IA » que de comprendre ce qu’ils en font vraiment. Quels cas d’usage passent désormais à l’échelle ? Quelles architectures tiennent la route ? Jusqu’où laisser agir les agents ? Qui porte le risque lorsque l’automatisation se trompe ? Et quelles nouvelles lignes rouges les entreprises commencent-elles à tracer ?

Autant de questions qui prennent une saveur particulière au moment où les créateurs mêmes des modèles commencent à s’interroger publiquement sur la vitesse à laquelle ils les font progresser.

Deux jours qui promettent d’être passionnants.


Comment assister à Big Data & AI Paris 2026 ?

Big Data & AI Paris se tient mardi 15 et mercredi 16 septembre 2026, de 9 h à 18 h, à Paris Expo Porte de Versailles, Hall 7.2, 1 place de la Porte de Versailles à Paris. Et il est encore temps de s’y participer !

L’inscription et la réservation des badges s’effectuent sur le site officiel de Big Data & AI Paris. Les conférences principales sont accessibles avec les Full Pass et VIP, tandis que workshops, Startup Pitches et Village Advanced Computing sont ouverts aux autres catégories de pass.


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