En dépit de la décision de Vivendi d’entamer des négociations exclusives avec Numéricable (Altice) pour la vente de sa filiale télécom SFR, Bouygues refuse, pour l’heure, de désarmer. Le géant du BTP et des télécommunications a proposé une nouvelle offre pour l’acquisition de son concurrent, dont le montant total se porte désormais à 13,15 Md€, contre 11,3 Md€ auparavant.
Cette option verrait, par ailleurs, la participation de Vivendi être considérablement réduite dans l’entité qui pourrait naître de cette fusion. Le propriétaire de SFR conserverait 21,5 % de participation, soit deux fois moins que celle initialement prévue dans la première offre de Bouygues.
Cette redistribution s’explique principalement par l’implication de trois nouveaux partenaires pour appuyer la proposition de Bouygues : JCDecaux Holding, la famille Pinault et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Cette dernière, qui a annoncé contribuer à hauteur de 300 M€ dans cette nouvelle offre, pourrait récupérer 3 % du capital de l’entité.  
Vivendi pourrait faire monter les enchères
Cette nouvelle offensive de Bouygues n’a, pour l’heure, pas changé la donne. Vivendi, qui a engagé vendredi dernier des négociations exclusives avec Altice sur une période de trois semaines, a déclaré à Reuters n’avoir « pas de commentaire à faire ». « Nous sommes en négociations exclusives avec Altice », a martelé un porte-parole de l’entreprise.
Mais la question d’un rapprochement SFR-Bouygues pourrait tout de même se poser à nouveau dans la tête des 14 membres du conseil de surveillance, puisque la proposition de Bouygues se rapproche plus des demandes initiales de Vivendi, qui souhaite se désengager au plus vite des télécoms pour se recentrer sur les contenus et les médias.
Elle constitue en tout cas un levier important dans les négociations entre Altice et Vivendi, puisque ce dernier pourrait profiter de cette contre-offensive pour faire monter les enchères.