Au rythme actuel, le secteur IT dépassera le secteur automobile en termes d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2024 selon le dernier rapport du Shift Project, think tank qui œuvre en faveur d’une économie libérée de la contrainte carbone. Face à l’explosion des usages du numérique, amplifiée par la crise liée au Covid-19, la question de la sobriété numérique est devenue un enjeu sociétal.

Pour autant, les entreprises ont besoin de fournir toujours plus de services numériques pour se démarquer de la concurrence et gagner en compétitivité. Et de leur côté, les usagers verraient plutôt d’un mauvais œil la suppression de certains services qui leur sont devenus essentiels. Autrement dit, les entreprises doivent faire plus avec moins, ce qui suppose un usage plus raisonné des ressources. Dans ce domaine, casser les silos revêt un enjeu crucial pour limiter la démultiplication d’équipements sous-utilisés.

NAS, SAN, objet dans le stockage, environnements critiques séparés du reste de l’IT, applications modernes isolées des anciennes, frontières entre cloud(s) et interne ou entre la production et la sauvegarde… l’IT des entreprises est constituée d’un empilement de silos utilisant des ressources dédiées. Or, une base de données ou un ERP n’utilise jamais 100% des ressources qui lui sont attribuées. C’est d’ailleurs une des règles fondamentales de l’IT : avoir de la marge pour éviter les goulets d’étranglement, les chutes de performances et les utilisateurs mécontents. Inscrite dans le marbre, cette règle est devenue une habitude. Une habitude coûteuse pour l’environnement dont il est temps de se débarrasser.

Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’isoler pour maîtriser et protéger : des technologies bornent le champ des actions des utilisateurs ou des applications, ce qui, au-delà de la sécurité, permet aussi de limiter les échanges de données et l’utilisation de ressources matérielles pour les traiter.
Parallèlement, et afin d’accompagner les entreprises dans la maîtrise de ces environnements mutualisés qui n’utilisent plus les silos comme moyen de gouvernance, de nombreuses technologies permettent à la fois de conserver la maîtrise et optimiser la gestion tout en réduisant la consommation de ressources matérielles : provisionnement et déprovisionnement à la demande, arrêt automatique des matériels et logiciels non utilisés, réduction des espaces de stockage avec la suppression automatisée des données non pertinentes ou via des moyens de conservation plus « intelligents » …
À cela il faut encore ajouter le découplage du matériel et du logiciel : pourquoi gaspiller les précieuses ressources de la planète en remplaçant l’intégralité d’une infrastructure quand il suffit de changer un composant pour bénéficier des dernières technologies, monter en performance, choisir la technologie la moins impactante d’un point de vue environnemental ou plus simplement ajuster l’offre matérielle au besoin réel.

Toutes ces technologies sont à la portée des entreprises aujourd’hui. Présentes notamment dans le concept d’hyperconvergence, elles apportent la souplesse nécessaire pour minimiser l’impact du matériel, mais aussi du logiciel, dans l’empreinte numérique. Il suffit d’oser casser les silos pour agir.
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Par Bruno Buffenoir, Managing Director France & North West Africa
et Bruno Picard,
Technical Director Nutanix France & North West Africa chez NUTANIX