CERP Rouen passe du Cobol au Cloud

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CERP Rouen convertit son patrimoine Cobol au cloud

Par Laurent Delattre, publié le 30 juin 2023

La perspective de voir partir ses équipes de cobolistes et les évolutions difficiles de son patrimoine applicatif ont poussé la filiale d’Astera à migrer son infrastructure mainframe sur le cloud proposé par Kyndryl. Une première étape avant la réécriture « cloud native » de certains logiciels, par exemple pour absorber le passage à la facture électronique.

Initiée en 2020, le move-to-cloud de CERP Rouen, grossiste répartiteur de médicaments filiale du groupe coopératif Astera, a finalement été réalisé par Kyndryl, suite à la scission du géant d’Armonk. Mais les finalités de l’opération n’ont pas changé, explique Christophe Plessis, DSI d’Astera – CERP Rouen : « Il s’agissait de préparer un futur choc démographique interne, avec le départ prévu de la dizaine de cobolistes internes et externes qui ont conçu depuis 30 ans l’essentiel de nos applications. Et de préparer nos futures transformations autour de technologies plus évolutives. »

Du cloud privé vers le cloud public

Pour les ingénieurs système, la continuité est de mise puisque CERP Rouen était auparavant lié par un contrat de service et de LOA (location avec option d’achat) avec IBM/Kyndryl en mode cloud privé. « Avec ce passage dans le cloud public, nos serveurs de production [IBM System Z et System I, NDLR] ne sont simplement plus dans leurs locaux de Montpellier, mais dans un datacenter à Clichy. » En revanche, côté sécurité, l’infrastructure de sauvegarde est désormais située en Allemagne. Surtout, sa mutualisation permet de limiter les charges du PRA, tout en conservant une réactivité satisfaisante (garantie de 4 h pour un redémarrage après chargement de jusqu’à 350 VM). L’ensemble – production et sauvegarde – reste administré à distance par les équipes de CERP Rouen, grâce à des lignes spécialisées.

Pour moderniser ses applications et rajeunir ses équipes de developpement, le CERP Rouen mise sur le cloud… et toujours sur le mainframe.

Cette première étape « lift and shift » préfigure surtout les futures évolutions du patrimoine applicatif, avec une réécriture progressive des applications plus critiques avec de nouveaux environnements de développement. « Il y a deux raisons principales qui nous y poussent : d’une part la pénurie à venir de cobolistes ; d’autre part, le manque de souplesse de ces environnements, combinée à des lacunes dans la documentation des anciens programmes. »

À terme, une architecture à base de micro-services

L’objectif final est bien de passer à une architecture à base de micro-services, laquelle pourra tirer pleinement profit des services PaaS ou SaaS proposés par le cloud provider.

Christophe Plessis,
DSI d’Astera – CERP Rouen

« Nos serveurs de production ne sont simplement plus dans leurs locaux de Montpellier, mais dans un datacenter à Clichy. »

Depuis deux ans, en prévision, un département numérique a vu le jour avec une nouvelle génération de développeurs rompus à des langages comme .Net, C# ou Java et aux méthodes agiles ou à DevOps. Ils interviennent sur l’APIsation de certaines applications en encapsulant le code Cobol pour l’exposer aux nouveaux programmes, et avant d’éventuelles réécritures complètes en Java. Surtout, ils se sont attaqués depuis quelques mois à la refonte totale de l’application de facturation, avec en ligne de mire l’obligation de dématérialisation totale des 25 millions de factures annuelles du CERP Rouen dès juillet 2024.

À cette occasion, apprécie Christophe Plessis, « il s’est instauré un dialogue entre les anciens et les modernes autour des règles de gestion. Les cobolistes se sont mis en posture de transmettre leurs compétences fonctionnelles ».


L’ENTREPRISE CERP ROUEN

Activité : Distribution de médicaments
Effectif : 2 527 collaborateurs (2021)
CA : 4,3 Md€ (2021)


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