Pionnier de l’impression 3D, Philippe Hoarau dispose aujourd’hui du plus grand parc d’imprimante 3D de France. Une quarantaine de machines jusqu’ici à la disposition des grands industriels mais qui intéresse de plus en plus PME, TPE et particuliers.

Créé il y a 20 ans pour servir les grands industriels, Cresilas est ce que l’on appelle  dans l’industrie un prototypiste. Il fabrique à la demande des pièces pour leurs prototypes. Une activité d’usinage rapide pour laquelle l’entreprise s’est dotée d’un large parc d’imprimantes 3D, une quarantaine de machines, avec la plupart des technologies d’impression 3D représentées : stéréo lithographie, frittage de poudre, dépôt de fil, fusion métal. « Nous disposons du plus gros parc installé en Europe » se félicite Philippe Hoarau, le PDG de Cresilas qui souligne l’évolution du profil de ses clients : « Au départ, Cresilas travaillait exclusivement pour les gros industriels : PSA, EADS, Dassault Aviation, Legrand, Schneider, Seb, Moulinex, mais avec le temps on a vu de plus en plus de nouveaux clients arriver : des petits bureaux d’études, voire même des auto-entrepreneurs, des étudiants en design, etc. » Car l’impression 3D se démocratise réellement. « Une pièce que nous aurions facturée 6000 francs il y a une vingtaine d’année, ne coute aujourd’hui plus de 45€ » reconnait le PDG.

Philippe Hoarau ne s’estime pas en concurrence avec les imprimantes 3D à bas prix qui sont apparues ces dernières années sur le marché. Cresilas utilise uniquement des imprimantes de classe entreprise facturée plusieurs centaines de milliers d’euros et Philippe Hoarau est le co-fondateur de Phidias Technologies, la pépite de l’impression 3D française qui vient d’être rachetée par le Groupe Gorgé. Selon Philippe Hoarau, c’est le changement d’échelle du marché qui a permis cette baisse des prix : « Le marché est beaucoup plus important aujourd’hui et en parallèle beaucoup de sociétés de services sont apparues. Cette abondance d’acteurs et donc la forte concurrence qui règne aujourd’hui sur le marché du prototypage rapide a tiré les prix vers le bas. » Cresilas revendique aujourd’hui 800 clients.

Car, pour développer son marché, Cresilas s’est équipé de toutes les technologies d’impression rapide afin de pouvoir produire des pièces dans de multiples matériaux. Il évoque ainsi l’exemple d’un prototype de système d’alimentation en carburant d’un moteur qui posé problème. Imprimé en résine via stéréo lithographie puis polie, la pièce était parfaitement transparente et a ainsi pu permettre de visualiser directement le passage du carburant lors du fonctionnement du moteur. 

Mais outre la mise au point de prototypes, l’impression 3D permet aussi de produire des pièces en quelques exemplaire sous un délai très faible. « On imprime notamment des pièces pour le secteur aéronautique. Des matériaux ont été homologués par les avionneurs et on a été certifiés pour les produire. Il faut savoir que l’impression 3D permet de produire des pièces directement depuis le fichier de CAO, sans devoir réaliser un moule. Il faut bien savoir que créer un moule, ça coute très cher, ça demande beaucoup de temps et c’est très difficilement modifiable par la suite. Si vous n’avez qu’une série de 100 pièces à produire, c’est très très cher. L’impression 3D est très compétitive à partir du moment où il faut être rapide. » Le PDG se rappelle notamment d’une anecdote ou, quelques jours avant un grand salon aéronautique, un constructeur voyait son prototype cloué au sol à cause d’une pièce manquante… c’est l’impression 3D qui a permis à l’appareil de prendre l’air et au constructeur de briller devant ses clients.