« Si les résultats viennent du contenu public, qu’auront-ils de social ? »

Perdue à Melun, j’aurais peu de chance d’obtenir de l’aide de mes amis pour trouver un hôtel… Facebook essaie pourtant de me faire croire le contraire, espérant par la même occasion trouver un moyen de rentabiliser le réservoir de données et de personnes qu’il recèle.

Moins d’un an après son entrée en Bourse, sa viabilité commerciale n’est en effet toujours pas acquise. La dernière annonce en date concerne donc un moteur de recherche interne se limitant aux contenus publics ou partagés par les amis de l’internaute. Si cela fait penser à Google, le fonc­tion­nement des deux moteurs est loin d’être équivalent. Avec Google, tout le web est accessible. Avec Facebook, seule une partie du contenu du réseau social est exploitée. Pour que le système fonctionne, il faudra donc que la masse d’informations collectées soit phénoménale.

Une partie des données déjà disponi­bles sur le web, comme les adresses d’en­seignes com­merciales, devra être aussi sur Facebook. Même ainsi, la probabilité qu’un internaute ait assez d’amis sur la planète pour avoir une réponse pertinente à toutes ses requêtes paraît mince. Ma faible activité et mon petit nombre de relations sur la plate-forme m’aideront rarement à récupérer des résultats pertinents. Je ferai partie des exclus condamnés à n’utiliser que Google. Et si, pour me répondre, le système fait appel au contenu public, les réponses n’auront plus grand-chose de social, voire présenteront peu de valeur ajoutée par rapport à un site de recommandations. Certes, j’aurai des réponses. Mais seront-­elles dignes d’intérêt, provenant de personnes incapables de configurer leur compte pour préserver leur contenu privé ?

Les premiers bêtatesteurs laissent entendre la possibilité de lister des membres selon leur orientation sexuelle, leur religion ou leur opinion politique. Entre les exclus et les inconscients,la pertinence des résultats risque d’être aléatoire.