Lors de son voyage dans la Silicon Valley, Fleur Pellerin a annoncé l’ouverture dans deux mois de l’incubateur de San Francisco et d’un autre en Chine. Elle est aussi revenue sur l’affaire Dailymotion.

Pour un ministre de l’économie numérique, un voyage dans la Silicon Valley est incontournable. Lors de sa visite, Fleur Pellerin a eu du travail. D’abord, rassurer les Américains après l’affaire Dailymotion, mais aussi présenter le visage technologique de la France pour casser les préjugés. Et, si elle incite les Américains à venir investir en France, elle va mettre les moyens pour que les Français trouvent des infrastructures à l’étranger.

Dans un entretien à L’Expansion, la ministre s’est dite « frappée » de la bonne image des ingénieurs français en Californie. « [Les Américains] me disent qu’il n’y a pas mieux au monde, en algorithmique, en mathématiques, et que les Français sont les plus productifs, les plus loyaux et ça fait plaisir de l’entendre. »

Fleur Pellerin ne veut pas faire un « copy cat » en France de la Silicon Valley qui est « le résultat d’un écosystème, d’une mentalité, de la présence d’universités, enfin d’une alchimie qui n’est pas réplicable ailleurs. » Par contre, elle soutient la création de l’incubateur chargé d’accueillir les startups françaises qui voudraient d’installer en Californie. Ce bureau ouvrira dans deux mois et sera piloté par Xavier Wartelle (HubTech21) en association avec UbiFrance. Elle a aussi dévoilé qu’un projet similaire est en cours de déploiement en Chine.

 

Dailymotion : « La négociation devait rester confidentielle »

La ministre ne désire pas faire de DailyMotion l’épicentre de son voyage. Si cette affaire a certainement joué un rôle dans le voyage, elle a permis à Mme Pellerin de briser la mauvaise image que peut avoir la France outre-Atlantique. « Cette affaire est totalement révélatrice de clichés anciens qui existent sur la France, et pas seulement depuis mai 2012. On saisit n’importe quelle occasion pour valider de manière un peu spécieuse ces clichés qui ont la vie dure. »

Elle estime qu’il y a beaucoup de malentendus dans cette histoire. « La politique du gouvernement n’est pas de micro-manager les entreprises dans lesquelles elle n’est pas un actionnaire direct », a-t-elle précisé tout en rappelant que « Orange est propriétaire de DailyMotion, l’État a 27% d’Orange et est présent au conseil d’administration d’Orange. Et en tant que membre du conseil d’administration, l’État, à travers l’agence des participations de l’État, peut émettre un avis sur la stratégie d’Orange. »

Le problème est que la négociation qui « devait rester confidentielle » a été révélée. « Orange ne souhaitait pas vendre complètement DailyMotion mais rester un actionnaire de référence, et était en train de négocier un deal avec Yahoo – comme le fait Waze actuellement avec Facebook par exemple, mais personne ne s’offusque qu’ils veuillent garder l’équipe dirigeante et la R&D à Tel Aviv et non pas dans la Silicon Valley. »

Désormais, Orange continue sa recherche de partenaires et doit « réinjecter entre 30 et 50 millions d’euros pour le développement technologique et international de DailyMotion, ce qui va lui donner les moyens de sa montée en gamme technologique et de son internationalisation. » Peu après le retrait de Yahoo, Stéphane Richard, PDG d’Orange, est allé rencontrer des investisseurs dans la Silicon Valley, mais à ce jour n’a donné aucun retour sur d’éventuelles discussions.

Lire aussi :
– Dailymotion : Stéphane Richard cherche des investisseurs dans la Silicon Valley , paru le 08/05/2013.
– Xavier Niel et Vivendi seraient intéressés par Dailymotion, paru le 03/05/2013.
– Fleur Pellerin dans la Silicon Valley pour rencontrer les géants du web, paru le 03/06/2013.