RH

Inetum pousse vers plus de femmes et plus de diversité dans l’IT 

Par Jade Berre, publié le 22 avril 2026

« Seulement 24 % des emplois dans le numérique étaient occupés par des femmes en 2023 », selon l’INSEE. Malgré la loi Rixain visant 30 % de femmes dans les comités exécutifs d’ici 2026, la parité reste un objectif lointain. Pour accélérer, Inetum, ESN européenne labellisée Top Employer 2026, mise sur un partenariat stratégique avec Les DesCodeuses, association engagée pour l’insertion professionnelle des femmes dans le numérique.

Lors d’un événement organisé au siège d’Inetum à Saint-Ouen, en banlieue parisienne, en présence de Jacques Pommeraud, Président Directeur Général d’Inetum, Marie-Claude Chazot, DRH Inetum Euromed, et Souad Boutegrabet, fondatrice de l’association, ont rappelé l’importance de ces coopérations pour faire émerger des dispositifs concrets en matière d’inclusion et de diversité. « Chez Inetum Euromed, les femmes n’occupent pas la même proportion des effectifs. En France par exemple, nous atteignons tout juste un tiers des collaborateurs. Mais ce taux grimpe à près de la moitié des effectifs au Maroc et en Tunisie (47 %), et sur place la question de l’inclusion féminine ne fait pas débat », explique Marie-Claude Chazot. Un écart géographique significatif, qui interroge moins sur son existence que sur les leviers permettant de le réduire. Le constat dressé par la DRH d’Inetum Euromed interpelle : comment transformer ces dynamiques locales en une progression cohérente et durable de la féminisation des métiers tech à l’échelle du groupe ?

 L’IA, accélérateur d’inclusion ou amplificateur de biais ?

Le temps de la seule sensibilisation est révolu. Comme le souligne Marie-Claude Chazot, « une politique de mixité ne se décrète pas, elle se construit dans la durée ». Pour la DRH comme pour Souad Boutegrabet, l’enjeu est désormais de structurer des parcours, d’accompagner les collaboratrices et de déployer des dispositifs concrets, en phase avec les transformations technologiques. Plus accessible, plus personnalisée, l’IA devient un accélérateur d’inclusion. En écho à cette ambition, Inetum déploie plusieurs dispositifs : un centre d’excellence dédié à l’IA lancé en 2024, des formations multi-niveaux, du coaching individualisé et des bibliothèques de prompts partagés à destination des collaborateurs. Mais attention à l’effet boomerang : si l’IA accélère, elle peut aussi amplifier certains biais. Pour y répondre, Inetum privilégie une approche non genrée, adaptée aux spécificités de chacun, en cohérence avec sa signature « Let’s Make Tech Right » qui illustre la volonté du Groupe de faire de la Tech utile pour la société.

Du code aux soft skills : les compétences qui redessinent le secteur

Au-delà des outils, c’est une nouvelle manière d’apprendre qui s’impose, à l’image de la logique du prompt : il faut donner des repères, contextualiser les usages, et s’assurer de leur appropriation et compréhension réelle. Au fil de la conversation, Souad Boutegrabet et Marie-Claude Chazot convergent sur un point essentiel : au-delà des compétences techniques, ce sont aussi les compétences stratégiques qui priment, notamment le leadership qui devient central. « Le programme Women@Inetum en est une illustration via des actions de mentorat pour les femmes managers et des masterclass dédiées aux compétences clés » souligne Marie-Claude. Au-delà des compétences techniques, ce sont les soft skills qui se redessinent : la manager de demain doit être audacieuse. Et tant mieux !

Face à l’évolution des compétences et des prérequis, l’impératif d’expertise demeure : si le no-code gagne du terrain, le code reste un socle essentiel pour la supervision humaine de l’IA. Les choix de formation au sein de l’association le confirment : « cybersécurité, réseaux et fonctions hybrides à l’intersection des RH et de l’IT s’imposent comme les formations les plus plébiscitées », met en évidence la fondatrice de l’association.

Élargir les viviers, un impératif stratégique pour Inetum

Dans un contexte de tensions sur les expertises rares, le constat est sans appel : « il faut élargir les viviers, valoriser des parcours non linéaires et attirer des talents issus d’horizons divers », affirme Souad Boutegrabet. Au-delà de la diversité, il s’agit d’un impératif stratégique : « il ne faut pas se priver d’une partie des talents » ajoute Marie-Claude Chazot. La féminisation des équipes contribue ainsi à révéler pleinement le potentiel technologique et la valeur ajoutée des organisations. Une conviction que Les DesCodeuses et Inetum ont choisi de porter ensemble.

À LIRE AUSSI :

Dans l'actualité

Verified by MonsterInsights