Le nouveau patron des systèmes d’information de l’Etat a de l’expérience. Ça tombe bien. Il en aura besoin pour mener sa mission de modernisation avec un budget en peau de chagrin.

On reconnaît la valeur d’un capitaine aux tempêtes qu’il a traversées. Jacques Marzin est donc un navigateur hors pair. Car des grains, il en a essuyés. Peut-être connaissez-vous le projet Chorus dont il a été le responsable ? Ce chantier pharaonique, grâce auquel toutes les dépenses de l’Etat sont à présent gérées avec le même outil informatique, a connu bien des remous (problèmes dans le défraiement de fonctionnaires, de paiement des prestataires de l’armée, retards…).

Force de persuasion. C’est pour cette pugnacité et cette fibre de bâtisseur que Jacques Marzin a été nommé en novembre 2012 à la tête de la Disic (Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication), la DSI de l’Etat. Ses missions : simplifier le patrimoine logiciel des ministères en respectant une vingtaine d’objectifs (standardisation des données, virtualisation des infrastructures, pilotage des coûts…) et déployer le réseau interministériel (actuellement, chaque ministère a son propre réseau).

Ces tâches exigeront de Jacques Marzin la même force de persuasion que celle dont il a fait preuve avec Chorus. Car elles impliquent un bouleversement culturel dans les ministères. Et la conjoncture ne va pas l’aider. “ Les équipes informatiques se réduisent. Le temps qu’elles nous consacraient pour des projets de modernisation diminue logiquement ”, avoue-t-il. Du coup, pas facile de transformer le système d’information de l’Etat sans rallonge budgétaire.

Retour à la terre. Pour autant, il ne doute pas du succès de sa mission. Le manque de moyens ? Il veut le compenser en mettant la fonction informatique en valeur dans l’administration. “ Les équipes informatiques des ministères sont au cœur de la modernisation de l’Etat et jouent un rôle stratégique. C’est très motivant ”, assure-t-il. Cette nouvelle fonction ressemble à un “ retour à la terre ” pour cet ex-agronome et DSI de l’Inra. Après une décennie passée à gérer des projets, il est ravi “ de couvrir et de superviser à nouveau tous les pans de l’informatique ”. Des architectures de serveurs à la définition de méthodologies conceptuelles, en passant par la gestion des relations avec les fournisseurs.

Bio

De 1991 à 1995 : Directeur informatique à l’Inra.
De 1995 à 2001 : Directeur du projet Hélios.
De 2006 à 2011 : Directeur de l’agence pour l’informatique financière de l’État (AIFE) en charge du projet Chorus (gestion des dépenses de l’État).
Novembre 2012 : Directeur de la Disic.