Fidèle à HP depuis 30 ans, Jean-Paul Wagner aura su gravir tous les échelons de la société. De simple ingénieur systèmes à vice-président de HP au niveau mondial, retour sur le parcours de cet amoureux de découvertes. 

L’histoire de Jean-Paul Wagner commence réellement en 1983. C’est cette année-là qu’il sort Ingénieur physicien de l’ENSPS de Strasbourg. Il entame alors sa carrière chez HP en tant qu’ingénieur systèmes. « C’était un peu le fruit du hasard, sourit Jean-Paul Wagner. J’avais découvert l’entreprise au travers de ses calculettes.» Fort de ses résultats positifs, il se voit confier une équipe d’une dizaine de personnes. Pour lui, c’est l’un des tournants majeurs de sa carrière. « C’est là que j’ai commencé à travailler avec un facteur humain dans l’équation, et plus seulement un facteur technique », affirme-t-il. S’ensuit la gestion d’un centre de formation. Marketing, vente de produits, grands comptes… L’occasion de toucher à tous les domaines du service et de développer ses capacités managériales. Pourtant, la soif d’apprendre de Jean-Paul Wagner est intarissable. En 1995, il s’engage dans un MBA de finances à l’Université de Stanford. Une formation qui lui permet de devenir directeur général des services en France. Il y passera 4 ans avant de prendre les commandes de la zone EMEA (Europe Moyen-Orient Afrique) pour les activités de support et conseil. « J’ai eu la chance de recevoir des responsabilités mondiales alors que mes enfants étaient déjà grands et avaient ni leurs études », explique-t-il. Un facteur qui lui permet d’accepter la vice-présidence de la zone APJ (Asie-Paci que & Japon) en 2009. Une expérience qu’il n’oubliera jamais. « Mon poste à Singapour jusqu’en 2012 m’a énormément apporté. J’ai découvert une culture, une façon de penser et je suis sorti de cette période enrichi tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel », cone Jean-Paul Wagner. Je suis lorrain, mais je suis avant tout un citoyen du monde. » Explorateurné, cet amoureux de la découverte fait plusieurs fois le tour du monde chaque année dans le cadre de ses fonctions mais arme gérer sa vie professionnelle et sa vie privée de manière adéquate. « Ma femme, HP et moi sommes en couple depuis plus de 30 ans, s’amuset- il. Nous avons une vie de jeune couple ! »

Désormais installé à Palo Alto, ce serial-traveler passe toujours un peu de temps lors de ses déplacements professionnels pour découvrir le pays et sa culture. « C’est une marque d’investissement personnel et de respect », précise-t-il. Et pour cerner la culture du pays, Jean-Paul Wagner a sa petite astuce : « j’assiste à des compétitions du sport local », explique-t-il. Combat de sumo au Japon, match de baseball aux Etats- Unis, rencontre de rugby en Nouvelle-Zélande… « Comprendre le sport national, c’est comprendre le pays et le sport de haut niveau est très proche du monde de l’entreprise. Les raisons qui font que deux équipes de niveaux similaires arrivent à se départager sont fondamentales », avance-t-il. Une activité à laquelle il s’attache malgré un emploi du temps bien chargé. Le plus gros dé de Jean-Paul Wagner est d’ailleurs la gestion de son temps. « Il faut être extrêmement bien organisé, soue-t-il, accepter le fait que l’on n’a jamais assez de temps dans une journée ou dans une semaine pour tout faire. » Mais au milieu de cet agenda millimétré, il s’efforce d’avoir des laps de temps vierges de toute obligation. « Ces moments sont d’une importance capitale pour rééchir, penser, comprendre les raisons et les conséquences de mes actes. Le but est de pouvoir extraire la substance essentielle de toutes ces informations », arme-t-il.

Depuis 30 ans dans l’entreprise, Jean-Paul Wagner aura été le témoin des évolutions de la rme. « Cela permet d’avoir une connaissance profonde des modes de fonctionnement et apporte une certaine réputation très utile dans la gestion du quotidien, surtout lors de périodes compliquées, estime-t-il. Je suis le patron mais je préfère faire adhérer plutôt que de forcer et je crois profondément en la diplomatie ; cette position aide beaucoup. »

Après trois décennies passées chez HP, aucun regret donc, hormis peut-être celui de n’avoir jamais créé sa propre entreprise : « le côté patron de PME démarrant de rien reste dans mon esprit ». Une possibilité qu’il n’exclut d’ailleurs pas pleinement. Une chose est sûre néanmoins : Jean-Paul Wagner viendra un jour ou l’autre s’installer dans le sud de la France, proter du soleil de la baie de Nice. « Mais ce n’est pas pour tout de suite ». 

 

Adrien Geneste