Le cloud a bien tiré son épingle du jeu durant le confinement et ces mois de crise pandémique. Contrairement aux services managés externalisés qui ont sérieusement été impactés comme le dévoile le nouvel ISG Index.

Conséquence de la crise pandémique et des mois de confinement en cette première partie de l’année 2020, les services managés ont au second trimestre chuté de 21% dans la zone EMEA. C’est ce que révèle le nouvel indice ISG.

L’ISG Index mesure les contrats d’externalisation d’une valeur annuelle supérieure ou égale à 5 millions d’euros. Sa publication pour le second semestre montre que le marché combiné (services managés et services cloud « aaS ») dans la région EMEA a chuté de 9%, passant à 3,9 milliards d’euros entre le premier et le deuxième trimestre 2020. C’est la première baisse de deux trimestres successifs enregistrée depuis 2018.

Mais ce ne sont pas les services cloud qui tirent le marché vers le bas. Bien au contraire. La valeur combinée des contrats « as-a-Service » (aaS) a augmenté de 13 % au cours du trimestre par rapport à la même période l’année dernière principalement boostée par une hausse de 23 % de la valeur des contrats d’infrastructures-as-a-service (IaaS).

Ce n’est pas une surprise, mais l’ISG vient conforter une tendance repérée par de nombreux indicateurs : les entreprises ont eu massivement recours aux services de cloud computing pour répondre rapidement aux besoins associés au télétravail.

Dans le même temps, elles ont décalé bien la signature de contrats de services managés au troisième trimestre, ce qui augure des perspectives plus positives pour la fin de l’année aux acteurs du secteur même si bien des bémols demeurent.

Rappelons que le marché des services managés est principalement divisé en deux activités.

* L’externalisation informatique (ITO, information technology outsourcing en anglais) qui a connu une baisse de 19 % par rapport au 1er trimestre 2020, pour atteindre 1,9 milliard d’euros.

* L’externalisation des processus d’entreprise (BPO, business process outsourcing en anglais) qui a diminué de 31 % en 3 mois, pour atteindre 346,4 millions d’euros.

ISG note que « la région EMEA avait pris un bon départ en 2020 avant que la pandémie ne frappe en mars. La dynamique initiale de la région se reflète dans ses résultats semestriels, qui sont restés relativement au même niveau que les deux années précédentes malgré la chute précipitée de la demande au cours de cette année ».

En cette période de crise soudaine, les organisations ont vu le cloud comme un refuge. Toutes ont investi dans les clouds publics. Lyonel Roüast, Président d’ISG pour la zone SEMEA, estime que le « COVID-19 a poussé les organisations et les individus restructurer complètement leur façon de travailler, ce qui a entrainé une augmentation des contrats dans le cloud. Le cloud confère trois caractéristiques fondamentales aux organisations : de la résilience, face à un avenir incertain, de l’agilité, pour gérer au mieux les variations de la demande, de la prudence, grâce à des contrats flexibles. La pression continue qui s’exerce sur les coûts va sans doute continuer de favoriser la demande pour les services cloud. »

ZOOM SUR LA FRANCE

En France, les services managés ont diminué de 11 % par rapport au trimestre précédent pour atteindre 197.7 millions d’euros), et de 25,4 % pour le semestre (à un peu plus de 410 millions d’euros) par rapport à 2019. La pandémie, qui a fait évoluer les usages comme décrits plus haut, a accéléré le décrochage, en matière de volumes, des services managés versus le modèle aaS.