L’Edge Computing est formé d’une grande variété de concepts, d’appareils, d’infrastructures, de services, d’applications et de technologies. Il est temps de s’assurer de l’interopérabilité sur le long terme de toutes ces composantes…

Une récente étude Business Insider révèle que 40% des fournisseurs de solutions IoT ont vu le sujet du « Edge Computing » apparaître plus souvent dans les discussions que l’année précédente témoignant alors que seuls 25% de ces fournisseurs n’ont pas vu le sujet apparaître dans leurs discussions avec leurs clients. Des statistiques qui témoignent de l’intérêt croissant des entreprises pour cette informatique « aux extrémités » qui cherche à placer des ressources de stockage et calcul au plus proches des sources de données.

L’Edge Computing cherche à résoudre différentes problématiques dont les trois principales sont la sécurité, l’accès et la transmission. La sécurité, car l’Edge contribue à limiter l’exposition des données en mouvement et diminuer le nombre de données à transmettre et sécuriser. L’accès, car l’Edge permet de traiter les données (notamment dans le domaine de l’IA) même en l’absence de connectivité stable et performante. La transmission, car avec l’Edge les données sont analysées directement là où la donnée est générée (ou récoltée) sans avoir besoin de préalablement la transférer vers le cloud ce qui permet de réduire les besoins et coûts de transmission (ce qui peut être capital si la connectivité se fait en 4G/5G) mais aussi diminuer les coûts de stockage cloud.

La fondation Linux veut désormais s’assurer que cette nouvelle vision de l’informatique soit fondamentalement interopérable et ouverte. Elle vient d’annoncer la création d’une nouvelle entité, nommée « LF Edge » afin d’établir un framework ouvert d’interopérabilité du Edge indépendamment des matériels, processeurs, systèmes et clouds utilisés. Ce framework cherche à assembler différents projets open source sous une même ombrelle afin de découpler applications, services et infrastructure et permettre une migration aisée des workloads entre Edge et Cloud.
Dans un premier temps, ce nouvel organisme veillera aux destinées de cinq projets :
– Akraino Edge Stack (des outils pour créer des services cloud optimisés pour le Edge via des VM ou containers),
– EdgeX Foundry (une plateforme universelle pour déployer des microservices sur l’IoT Edge)
– Open Glossary of Edge Computing (pour s’assurer que tout le monde utilise le même vocabulaire),
– Home Edge Project (pour créer des services pour des IoT grand public)
– Edge Virtualization Engine « EVE » un framework pour la gestion des applications Edge.

L’initiative est d’ores et déjà soutenue et financée par une soixantaine d’entreprises, éditeurs et fabricants dont Dell, HPE, IBM (& RedHat), Intel, Qualcomm, Juniper Networks, Ericsson, Nokia, AT&T, NTT, Seagate, Samsung, Huawei et Tencent.

Sources :
Business Insider : The Edge Computing Report
LF Edge : Building an Open Source Framework for the Edge