Emmanuel Laquière
Responsable de l’offre achats télécoms chez Karistem

Moins de soixante secondes pour télécharger une vidéo de 700 Mo, contre une dizaine de minutes auparavant. A peine une seconde pour une photo de 2 Mo… Quelques chiffres suffisent pour démontrer la prouesse technologique que représente la 4G. D’ailleurs, depuis quelques mois, les opérateurs téléphoniques ne se sont pas privé de le dire, vis-à-vis du grand public bien entendu, mais aussi et surtout à l’égard des entreprises. A grands coups de renforts marketing et commercial, ces derniers nous expliquent en effet que la 4G va révolutionner la téléphonie d’entreprise. Une navigation sur Internet « plus confortable qu’à la maison », la possibilité d’utiliser des applications professionnelles aussi sereinement que sur un poste fixe, des PowerPoint de plusieurs mégaoctets téléchargeables huit fois plus rapidement… Bref, les collaborateurs mobiles n’auront jamais été aussi mobiles. Lors d’une conférence, ce responsable d’un célèbre opérateur allait même jusqu’à affirmer que les salariés travailleraient désormais aussi efficacement qu’au bureau !

Alors certes, la 4G représente une évolution technologique indéniable. Mais comme souvent en pareil cas, il faut se méfier de certains discours. Et se poser les bonnes questions. A commencer par celle-ci : ce niveau de performance est-il vraiment utile à mon entreprise et à mes collaborateurs ? Car à l’exception de quelques secteurs d’activité bien précis ou de certaines directions (marketing, communication… et encore !), la plupart des entreprises n’ont pas besoin de souscrire de tels abonnements, les applications utilisées par leurs collaborateurs, d’un strict point de vue professionnel, ne nécessitant pas un tel niveau de performance. Aujourd’hui, l’utilisation de la 3G en déplacement est largement suffisante, que ce soit pour les applications liées à l’entreprise ou pour lire ses mails. Télécharger ou regarder une vidéo en streaming, c’est autre chose… Attention toutefois : certains opérateurs commencent à modifier les conditions d’utilisation en diminuant le « fair usage » de la 3G pour encourager le recours à la 4G, dont les abonnements sont bien-sûr plus onéreux ! Résultat, le budget télécoms de l’entreprise est susceptible d’exploser alors que l’abonnement d’origine était suffisant à la base.

Ainsi, au-delà du choix de la technologie, c’est bien la définition du juste besoin et la mise en place de bonnes pratiques qui permettent de ne pas se tromper. Avec souvent à la clé, une économie globale de 30% en moyenne sur le budget télécoms, sans la nécessité de remettre en concurrence l’opérateur en place. Si l’on ajoute les erreurs de facturation ou la mauvaise application des contrats, le pourcentage d’économies peut être encore plus important. Dans le contexte actuel, c’est plutôt bienvenu pour l’ensemble des entreprises qui cherchent à réduire leurs coûts et à dégager de la trésorerie. A l’image de ce laboratoire pharmaceutique ou de ce groupe de visiteurs médicaux qui, chacun, ont économisé plusieurs dizaines de milliers d’euros sur le budget de leur DSI. Des sommes réinvesties dans de nouvelles solutions, destinées à renforcer l’efficacité de leurs collaborateurs… en déplacement !