Nous devons être à la pointe et vous (pré)dire l’avenir avant que ce ne soit une évidence pour tous.

Par Gabriel Chataînois(*), Dirigeant d’une petite société de conseil

Chère lectrice, cher lecteur, Noël et sa magie approchant à grands pas, il a été question de savoir quels cadeaux vous apporter. Dans notre époque où la maîtrise de l’information prime sur beaucoup de choses – tout le reste ? -, il semblait une bonne idée de vous dévoiler un peu l’avenir, de vous révéler avant tout le monde ce que vous devez savoir.
Notez bien que, n’ayant qu’une compétence limitée sur les sujets du médical, de l’amour ou de la politique, les révélations qui suivent se borneront au domaine de l’IT. En même temps, si vous vous attendiez à lire ici les résultats des prochaines élections aux US ou l’indice Insee 2020, j’ai peur que vous vous soyez trompé de support.

Non, soyons sérieux, je vais vous parler des prochaines, de LA prochaine grande révolution IT. Mais auparavant, un peu d’histoire, rapidement, pour vous montrer à quel point je suis performant en la matière.

J’avais annoncé à l’époque que le cloud serait une révolution, il semble bien que ce soit le cas, à tout le moins en termes d’usages. La green IT, nous étions nombreux à dire que cela était une belle idée, mais qu’en réalité elle serait très peu mise en application. L’histoire nous a donné raison : combien connaissez-vous de confrères (pour rappel, un confrère est quelqu’un qui fait la même chose que vous, mais moins bien) qui ont une informatique green ? Je ne parle pas d’avoir choisi un datacenter à plus faible empreinte carbone que les autres, je parle d’une réelle notion intégrée dans tous les projets de « green » au même titre qu’il faut aujourd’hui intégrer la sécurité dans les choix et décisions.
Prenez IPv6 maintenant. On en parle depuis des années, c’est bientôt là… Mais on savait que ce ne serait pas déployé avant qu’il n’y en ait vraiment besoin. Tenez, même la fin du Minitel, nous vous l’avions annoncée, nous…

Certains de nos clients nous payent d’ailleurs parfois outrageusement cher pour cela, pour leur révéler ce dont l’avenir sera fait. Et c’est bien normal : savoir, c’est anticiper ; anticiper, c’est prévoir ; et prévoir, c’est optimiser, faire les bons choix, les bons arbitrages, prendre les meilleures décisions. Et être le DSI vainqueur dans la catégorie « DSI visionnaire » d’IT for Business.

En même temps, un DSI visionnaire, c’est un DSI qui a pris une option, qui a parié sur une voie, qui a choisi une orientation qui n’était pas forcément évidente pour tous a priori. A posteriori, lorsque cette voie se sera avérée la bonne, on le félicitera, et on louera ses qualités. « Quelle audace ! Quelle force d’anticipation ! ». Ceux qui auront choisi, avec les mêmes critères parfois extrêmement subjectifs, mais avec d’autres résultats, des voies sans issue ou des échecs financiers ou technologiques, seront des perdants, peut-être même des losers, mis au ban des DSI à la mode. Le destin choisit. Mais quand même, on peut l’aider un peu. Car oui, nous, prestataires, conseils, nous devons d’être à la pointe et vous (pré)dire l’avenir avant que ce ne soit une évidence pour tous.

Alors chers clients, je vais enfin vous révéler le secret des secrets, à savoir, comment certains d’entre nous (certains comme moi, en tous cas) font pour vous parler des prochaines tendances et vous guider sur le chemin initiatique de la prochaine révolution IT qu’il ne faut pas laisser passer. En vous écoutant ! En écoutant ce qui se passe chez nos clients, ce qui est fait ici, ce qui est essayé là, ce qui semble emporter l’adhésion ailleurs. En comparant, en sondant à droite ce qu’on a pris à gauche (et inversement), on arrivera à donner corps à une tendance. Mais rappelons-nous qu’il faudra trouver le bon équilibre entre l’innovation et l’expérience : lâcher quelques pistes, mais freiner en même temps. En exerçant notre devoir de conseil et en vous alertant sur le fait qu’il y a certains plâtres à ne pas essuyer, qu’il vaut mieux attendre quelques retours d’expériences…

Savez-vous comment donner l’illusion d’être un grand joueur d’échec, de niveau Grand Maître International, en ayant un niveau de débutant de club d’adolescents ? En jouant une simultanée avec deux Grands Maîtres. Une partie où on joue les blancs, l’autre où on joue les noirs. Laissez l’adversaire qui a les blancs commencer, reproduisez son coup sur la table où votre adversaire joue les noirs, attendez la réponse de ce dernier, que vous apporterez à la première table. Et continuez. Vous voilà en train de jouer avec un niveau de Grand Maître International face à deux d’entre-eux. Facile, non ?

Du coup, pour vous révéler la prochaine évolution majeure de l’IT, je vais encore un peu écouter vos réactions, suivre vos projets sur l’IA, le big data et l’IoT… On en reparle dans quelques mois. Je vous dirai alors ce sur quoi il faut aller vite, car avec le retard que j’aurai pris, il sera devenu urgent d’accélérer.
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(*) Gabriel Chataînois est le pseudonyme du dirigeant d’une société de conseil bien réelle