Guy Roussel
Fondation Télécom

Président de la Fondation Télécom, Guy Roussel, au fil de sa carrière, aura su enchaîner avec succès les tournants de son parcours.

Palpitante et pleine de rebondissements. La vie de Guy Roussel impressionne par son tracé. Après le baccalauréat, l’homme n’a qu’une seule idée en tête : rejoindre la Marine nationale. C’est pourtant sur terre, à cause de problèmes de vue, qu’il fera ses armes. Il se tourne alors vers la chimie et sort diplômé de la faculté des sciences de Paris. C’est sur les conseils d’un ami, membre du directoire de la direction générale des télécoms, qu’il rejoint finalement cette administration. Il y passera cinq ans. « Toutes les personnes qui m’entouraient étaient diplômées X Telecom, précise Guy Roussel. Souvent on me demandait de quelle promotion j’étais et je voyais la surprise sur les visages lorsque je répondais». Une situation qui le pousse à partir. Il n’aura pas de mal à se faire une place. En charge de donner les licences et les fréquences aux équipementiers, c’est chez l’un d’entre eux qu’il décide de poursuivre sa carrière. C’est ainsi qu’il rejoint Motorola en 1977. En 23 ans, il y occupera diff érentes fonctions de management nationales et internationales, en France et dans plus de 11 pays. Si les débuts sont compliqués, Guy Roussel est comblé. « Chez Motorola, il fallait faire ses armes sur le terrain et je me suis retrouvé aux États-Unis à vendre dans un anglais approximatif des émetteurs-récepteurs à des garagistes. ».

En 2000, après une période de deux ans passée comme expert européen auprès du Comité de conformité et de surveillance du marché des télécoms auprès de la Commission de Bruxelles, changement de décor : Guy Roussel s’envole pour la Suède. Là-bas, il intègre le Groupe Ericsson en qualité de président pour la France jusqu’en 2009. « À mon âge, quitter Motorola après 23 ans passés dans l’entreprise était un pari risqué, mais je ne le regrette pas ». Entre-temps, il fonde le Cercle Passeport Télécoms en 2006 avec Frank Esser, alors PDG de SFR. « Lorsque Frank m’a appelé pour me proposer d’aider les jeunes issus de milieux défavorisés, j’ai tout de suite accroché », explique Guy Roussel. Objectif ? Associer les entreprises, les lycées, les écoles et les pouvoirs publics afi n de mettre en place des systèmes de tutorat très encadrés au sein des écoles d’ingénieurs pour aider les jeunes concernés à réussir. Entre la création d’une école de la deuxième chance en Seine-et-Marne lors de son mandat d’élu et d’une seconde école à Nouméa, l’engagement en faveur des autres, c’est l’un des moteurs de Guy Roussel. « M’engager, c’est l’une de mes passions ; on retrouve dans la mise en place de ce type de projets des problématiques similaires à celle retrouvées en entreprise, mais cette fois-ci, la valeur humaine dépasse tout besoin économique ». En 2008 et à la demande Didier Lombard, il est élu viceprésident de la Fondation Télécom, pour en prendre fi nalement la présidence en 2011. En septembre 2010, le ministre de l‘Industrie lui confi e la vice-présidence du Comité stratégique de la fi lière numérique et il est reconduit en 2013.

Pourtant, Guy Roussel est loin d’être rassasié. À défaut de « pouvoir commander un imposant navire de guerre », ce sportif émérite a traversé 13 fois l’Atlantique à la voile. À l’aise sur mer, Guy Roussel est en outre un passionné d’automobile. « J’ai piloté douze ans en Formule 3 et en Formule 1 pour Renault et Benetton ! », lâche-t-il inopinément. Un sport qu’il n’aura commencé qu’à 45 ans, au début des années 2000, au hasard d’un stage de pilotage. « J’ai fait un tour, deux tours, puis les dirigeants de l’écurie m’ont repéré et l’aventure a commencé », se souvient Guy Roussel. Dans son bureau de Nantes trônent d’ailleurs le volant et le casque de Fernando Alonso, qu’il aura côtoyé durant ses années de pilote d’essai. Un sport qui lui aura apporté une détermination sans faille et une capacité de concentration hors norme.

Aujourd’hui, cet hyperactif s’estime chanceux à la vue de son parcours. « Mais si un mec voit passer la chance et qu’il ne l’attrape pas, c’est un imbécile », s’amuse Guy Roussel en citant Coluche. Il semblerait bien que ce chevalier de l’ordre national du Mérite et de la Légion d’honneur l’ait attrapée.

 

Adrien Geneste