Construit sur Foursquare, Landlord n’offre pas d’intérêt en tant que tel pour une marque ou une entreprise. Mais comprendre la mécanique d’un jeu social est un impératif pour ceux qui souhaitent se lancer dans ce secteur.

Parmi les pépites que l’on rencontre de temps à autre sur les médias sociaux, je tiens à vous présenter celle qui m’intrigue le plus ces derniers temps : Landlord. Il s’agit d’une application mobile, que vous pouvez trouver sur l’AppsStore et sur Google Play. Landlord est une sorte d’extension ludique à Foursquare, le réseau social basé sur la géolocalisation.

Un jeu basé sur Foursquare…

Foursquare vous permet de partager l’endroit où vous vous trouvez avec vos amis. Et il est déjà assez ludique par lui-même, avec ses mécaniques de badges et de Mayorship : c’est par essence un jeu social. Mais c’est aussi un outil sensible, car il en dit long sur votre quotidien et les lieux par lesquels vous passez. Là où vous travaillez, les clients que vous rencontrez, l’école où vous déposez vos enfants, les commerces où vous faites vos courses. Des données, à mon avis, bien plus personnelles que les photos de vacances partagées sur Facebook. C’est ce qui explique sans doute le faible taux d’utilisation de Foursquare par rapport à d’autres réseaux sociaux, particulièrement en France.

…mais avec une logique très différente

De son côté, Landlord possède sa propre dynamique de jeu. Contrairement à Foursquare, rien ne sert d’être maire et de collectionner des badges. Landlord est plutôt une sorte de Monopoly grandeur nature. Vous disposez d’une somme d’argent initiale (virtuelle, bien sûr) et vous allez pouvoir acheter les lieux référencés sur Foursquare autour de vous : magasins, stations de métro, places ou bureaux. A vous de faire des placements intelligents, car ils vous rapporteront des loyers à chaque fois qu’un check-in Foursquare se fera sur l’emplacement considéré. Mais ils vous coûteront aussi des charges que vous verserez chaque jour, en fonction de la notoriété du lieu. Si les revenus sont supérieurs aux charges, vous gagnez. Mais s’ils sont inférieurs, votre magot diminue. Et tout cela dépend des check-ins d’individus que vous ne connaîtrez sans doute jamais (les vôtres ne comptent pas). Il vous faudra donc privilégier les lieux de passages fort fréquentés (gares, aéroports…) mais chers, aux lieux bon marché mais où les check-ins peuvent se faire bien rare. Astucieux, non ?

La dimension sociale de l’application aide à corser un peu le jeu. Rien n’empêche vos amis, issus de Facebook, Foursquare ou Twitter, de s’introduire dans la partie et de commencer à « acheter » eux aussi des emplacements. Vous ne pourrez alors plus les acheter sauf à faire une offre financièrement intéressante à celui de vos contacts qui le possède. La course à l’acquisition tourne donc très vite à une féroce compétition, à coups de millions de dollars virtuels…

Social et addictif

Landlord est un jeu éminemment social, basé sur un réseau social annexe (Foursquare). Mais là où Landlord réussit un coup de génie, c’est que cette partie de Monopoly se déroule en temps réel. Le jeu devient rapidement extrêmement addictif, en tous cas largement plus que son réseau hôte.

Au terme de près de deux mois d’utilisation de Landlord, je n’ai pu constater qu’un défaut en comparant ma propre progression avec celle de mes amis joueurs : quoi qu’il arrive, les écarts entre deux joueurs habiles restent à peu près identiques au cours du temps en terme de ratio. Un portefeuille bien géré progresse de 40 % en une semaine, et double donc de volume en quinze jours, ou presque. La seule possibilité pour sortir de ce schéma, c’est de réaliser des coups de poker. Par exemple, vendre certaines de ses participations pour investir tous ses revenus sur la place de la Bastille un jour de manifestation. A bon entendeur…

Hervé Kabla

Hervé Kabla