Le logiciel constitue un élément clé du développement de l’économie mondiale. Or,l’industrie européenne dans ce domaine accuse un certain retard par rapport à ses principaux compétiteurs, en particulier américains. Mais l’évolution continuelle des technologies logicielles offre des opportunités pour renverser la vapeur.

Le logiciel constitue un élément clé du développement de l’économie mondiale. Sans ces technologies, les ordinateurs seraient réservés à quelques experts. Or, l’industrie européenne du logiciel accuse un certain retard par rapport à ses principaux compétiteurs, en particulier américains. Mais l’évolution continuelle des technologies logicielles offre des opportunités pour renverser la vapeur. Comme le rappelait Léo Apotheker dans sa chronique « Pour une Silicon Valley européenne », publiée dans 01 Business du 28 février dernier,
la filière des technologies de l’information et de la communication (TIC) fait déjà travailler trois millions de personnes. La valeur ainsi créée avoisine les 200 milliards d’euros. Le marché européen est le deuxième au monde avec près d’un tiers de l’activité globale. Sa croissance est deux fois supérieure à celle de l’économie de tous les autres secteurs européens réunis. Pourtant, la Commission européenne ne considère pas les technologies logicielles comme une industrie clé pour le développement de l’Europe !

De nouvelles technologies logicielles apparaissent continuellement pour relever les défis qu’est, par exemple, la programmation du Web sémantique, de l’Internet des objets, des systèmes cyberphysiques ou des ordinateurs multicœurs. Et les technologies logicielles d’Internet ne permettent toujours pas de garantir la fiabilité et la sécurité des services. Or c’est sur cet Internet du futur que reposeront les infrastructures critiques comme les compteurs intelligents ou les systèmes de transport. Il s’avère donc primordial que leurs logiciels soient robustes et fiables. Pour être pleinement opérationnel, un logiciel doit être embarqué dans un objet ou un appareil, apportant de l’intelligence au système. Il est évident que tous les objets et les appareils contiendront des capacités logicielles. Les six KET seront donc inutiles si elles ne sont pas couplées avec des technologies logicielles plus ou moins spécifiques.

Accroître la productivité de l’industrie européenne du logiciel

De plus, pour concevoir un nouvel appareil, les technologies logicielles sont indispensables : avant d’exister physiquement, un objet existe virtuellement. Cela implique une simulation du comportement de l’objet, y compris celle de l’interaction avec les utilisateurs. Pour rester dans la course, l’industrie européenne du logiciel doit accroître son efficacité et sa productivité, mais aussi renforcer la qualité de sa production. Pour y parvenir, un effort de recherche et d’innovation, incluant de nouveaux modèles d’affaires, s’avère nécessaire sur le long terme, afin d’aboutir à la création de nouvelles capacités industrielles en logiciel. Si l’Europe ne veut pas devenir de plus en plus dépendante, il est vital de soutenir la filière des technologies logicielles. Que la Commission européenne le veuille ou non, le logiciel constitue bel et bien une technologie clé de base !

Michel Cosnard

Michel Cosnard