La crise pandémique n’en finit pas d’impacter l’économie, la transformation numérique des entreprises et notre conception traditionnelle du travail. Deux nouvelles études, signées Juniper et MobileIron, reviennent sur l’évolution des perceptions et des priorités…

Partisan de ne pas chercher à basculer d’un dogme à un autre, Satya Nadella rappelait cette semaine dans un entretien au Wall Street Journal que « quand vous travaillez à la maison, vous avez parfois l’impression de dormir au travail ». Il évoquait aussi les changements de comportement induits par le recours aux réunions en vidéo : « les réunions vidéos sont plus transactionnelles, le travail a lieu avant et après les réunions ». Des remarques qui mettent en perspective un nouveau quotidien, une nouvelle réalité : même si le télétravail ne s’est pas généralisé et n’est pas généralisable, il est désormais beaucoup plus fréquent et bien mieux accepté. La vraie question étant jusqu’à quel point doit-il être fréquent et acceptable ?

Le sujet passionne les cabinets d’analyse. Les études se multiplient. Notamment chez les acteurs de la cybersécurité qui y ont vu de nouveaux chevaux de bataille et donc de nouvelles opportunités.

Deux études viennent ainsi apporter leur point de vue et ajouter du grain à moudre.

Selon Juniper, plus d’un employé sur deux en France (54 %) a dû recourir au travail à distance à cause du coronavirus (55 % à l’échelle mondiale, 56 % en Europe, 52 % aux États-Unis).
Plus important encore 39 % envisagent de poursuivre régulièrement le télétravail après la pandémie, au moins partiellement (37 % en moyenne dans le monde, 38 % en Europe, 34 % aux États-Unis).

Pourtant, selon MobileIron, plus de 80% des employés à l’échelon mondial ne veulent pas retourner à plein temps dans les locaux de l’entreprise.

Un télétravail qui soulève de nombreuses inquiétudes en matière d’organisation au niveau de l’entreprise, d’organisation personnelle ainsi qu’en matière de cybersécurité.

Selon Juniper, à peine 41% des entreprises françaises (41% dans le monde, 40% en Europe, 42% aux USA) étaient en mesure d’assurer efficacement le télétravail à distance en janvier 2020, autrement dit quelques semaines avant le déclenchement de la pandémie.
Une préparation d’ailleurs toute relative ! 59 % des décideurs IT français estiment que le manque de performance de leur réseau a impacté la plupart de leurs collaborateurs ces 12 derniers mois (contre 52 % en moyenne dans le monde, 50 % en Europe, 57 % aux États-Unis). Et 58 % se sentent même incapables de relever tous les défis liés à leur réseau (contre 60 % à l’échelle mondiale, 57 % en Europe et 68 % aux États-Unis).

La sécurité est évidemment un sujet clé associé au télétravail. Les responsables IT français se montrent d’ailleurs plus concernés par le sujet : 94 % des répondants français déclarent que la sécurité de leur réseau sera un défi majeur pour leur entreprise sur les 5 années à venir contre 82 % en Europe et 84 % aux États-Unis.

L’étude de MobileIron se focalise davantage sur la perception des employés et leurs pratiques. Elle s’inquiète de constater qu’un tiers des travailleurs (33%) considère la sécurité informatique comme une non-priorité ! Et alors que 72% des employés affirment que leur smartphone a été important pour maintenir leur productivité durant le confinement, l’étude révèle que 43% des employés dans le monde ne savent pas exactement ce qu’est une attaque par Phishing !

Les entreprises ont donc encore du chemin à faire. Elles ont trop souvent improvisé le télétravail sans formaliser les processus, sans fixer et paramétrer les outils le rendant possible et surtout sans former leur personnel aux risques étendus portés par cette pratique. Il est largement temps de remettre les bonnes pratiques en avant et de sensibiliser les utilisateurs aux risques des connexions WiFi, du Phishing, et d’une utilisation mal contrôlée des visioconférences.