Le pourquoi des succès de l'Open Source

Gouvernance

Les clés du succès de l’open source

Par François Jeanne, publié le 24 janvier 2024

Une étude très qualitative sur les pratiques vis-à-vis de l’open source en brosse un tableau plutôt positif, avec plus d’atouts que de handicaps pour l’organisation qui le met en œuvre. En tête, le soutien de la marque employeur, le coût et la confiance.

Réalisée par Markess by Exaegis pour Numeum, le CNLL et Systematic, l’étude Open Source Monitor France 2023 veut donner une vision de sa diffusion en France plus réaliste que les précédents opus.
« Nous nous sommes inspirés de la méthodologie suivie par nos homologues en Allemagne, l’autre grand pays de l’open source en Europe », explique Marc Palazon, CEO de la société de services en logiciel libre Smile et président de la commission open source de Numeum. À la clé, un nombre accru d’entreprises et d’administrations sondées, et des résultats qui se focalisent sur le ressenti et la gouvernance mise en place.

C’est ainsi que deux tiers (64%) des 600 organisations interrogées (500 côté privé, 100 côté public) s’affirment « ouvertes » ou « très ouvertes » aux logiciels libres.

Et elles sont encore plus nombreuses à les utiliser : 85% des entreprises privées et 93% des organisations publiques.

Des chiffres difficiles à traduire en chiffre d’affaires du secteur. C’est que, rappelle Marc Palazon, « les modes de consommation de l’open source ne passent pas que par de l’achat de logiciels intégrant des composants, ou de prestations de services clairement identifiées. Pour avoir une mesure plus juste du phénomène, il faudrait leur ajouter le travail fourni bénévolement dans les communautés etles fondations, ou encore la valeur investie par les entreprises qui laissent certains de leurs salariés y participer sur leur temps de travail rémunéré ».

Marc Palazon rappelle tout de même qu’en 2022, les analystes de PAC avaient estimé la part de l’open source à 11% du marché global du logiciel et des services en France, soit 5,9Md€. Ce alors qu’il plafonnait à 2% vingt ans plus tôt.

En rentrant dans le détail, le président de Smile voit trois axes de pénétration pour l’open source :

1/ le premier concerne des solutions qui ont réussi à purement et simplement remplacer les logiciels propriétaires, par exemple pour l’édition de sites web ;

2/ le second est porté par l’innovation, l’open source préemptant en quelque sorte le marché avant qu’il ne se structure, à l’exemple de ce que nous vivons actuellement avec l’IA générative ;

3/ et enfin, un axe au plus près des utilisateurs finaux, où les succès se font plus difficiles, à l’image des limites affichées par les suites bureautiques ou les ERP libres face aux éditeurs mastodontes du marché.

Loin de ces considérations stratégiques, le panel affirme surtout son intérêt pour un modèle économique qui lui permet de tester des solutions avec une grande variété de fonctionnalités, à moindre coût et surtout à moindre risque : les composants open source sont jugés en général plus sûrs et plus robustes que leurs équivalents propriétaires.

Une prime, certainement, à la lisibilité du code source, qui renforce également le fait que neuf entreprises sur dix voient dans l’open source « un atout majeur pour la souveraineté numérique de la France et de l’Europe ».

« L’open source n’est pas synonyme de souveraineté puisque le mouvement est global et international par essence, rappelle toutefois Marc Palazon. En revanche, on parle de technologie libre d’utilisation et sans dépendance à des acteurs privés. Donc, certes je ne suis pas souverain si j’utilise de l’open source, mais je peux en faire une composante de mon indépendance ».

Un message qui devrait être mieux écouté par les dirigeants européens qui critiquent sans agir la toute-puissance des éditeurs de logiciels américains…


Les entreprises et l’open source

54% participent via leurs employés à des projets de la communauté open source

15% sont membres cotisants de «fondations» ou d’associations professionnelles open source

62% des entreprises de plus de 2000 employés ont mis en place un OSPO (Open Source Program Office), soit une entité dédiée à la gestion globale (stratégique et opérationnelle) des activités liées aux solutions et communautés open source en son sein.



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