La IT française a tout à gagner à s’inspirer d’Israël en matière d’innovation et de capital-risque. Pour favoriser les échanges, un réseau social a été créé et deux rencontres franco-israéliennes programmées.

Loin devant les Etats-Unis, Israël est le pays qui compte le plus grand nombre de start up au kilomètre carré. La clé USB ou la messagerie instantanée sont nées en Terre promise et près de 200 000 Israéliens travaillent dans les NTIC. Israël affiche aussi les plus fortes dépenses de R&D (6 % de son PIB). Une effervescence qui ne profite guère à l’économie numérique hexagonale.

Pour Christine Lagarde, qui assistait, lundi, au lancement d’Isralink, un réseau social dédié aux entrepreneurs des deux pays, « les échanges commerciaux entre la France et Israël ne sont pas au niveau de leurs relations ».

Avec un volume d’échanges inférieur à deux milliards d’euros, la France est seulement le neuvième client d’Israël et son dixième fournisseur. En visite fin janvier en Israël, Eric Besson, ministre de l’Economie numérique, s’est donné comme objectif de doubler ce volume d’échanges d’ici à cinq ans.

« La Silicon Valley du Moyen-Orient »

Pour la ministre de l’Economie, la France a aussi beaucoup « à apprendre de cette « Silicon Valley du Moyen-Orient » en matière de capital-risque ». Israël dispose, en effet, d’un cycle complet de financement à l’innovation, du pré-amorçage au fonds d’investissement.

La création récente, en France, du Fonds national d’amorçage doté de 400 millions d’euros s’inspire clairement de ce modèle. Oséo et son équivalent israélien, Matimop, ont aussi lancé un appel à propositions permanent pour des projets innovants susceptibles de bénéficier de financements des deux pays.

D’ici à la fin de l’année, deux rencontres franco-israéliennes auront lieu. L’une en septembre à Bercy, à l’occasion des Journées de l’innovation. Le Forum francophone des affaires (FFA) organisera lui, en octobre, une délégation de chefs d’entreprise en Israël.

En attendant, Isralink pourra servir de pont entre les deux rives de la Méditerranée. Trois jours après sa création par la Fondation France-Israël, le réseau compte quelque 130 entreprises ou organismes, dont nombre de SSII, de cabinets de conseil ou de web entrepreneurs.