C’est finalement Azure qui a été choisi comme fournisseur de cloud du Pentagone dans le cadre du fameux contrat JEDI, évalué à 10 milliards de dollars sur dix ans.

Le Pentagone a annoncé vendredi soir avoir choisi le cloud de Microsoft comme fournisseur principal de ses infrastructures IaaS et PaaS.

Au final, c’est donc une double victoire pour l’entreprise dirigée par Satya Nadella dans l’attribution des contrats de modernisation de l’administration américaine et du département de la défense. En effet, en septembre dernier, General Dynamics Corp et Dell avaient conjointement remporté le contrat DEOS (Defense Enterprise Office Solutions) évalué à 7,6 milliards de dollars en fondant leur offre sur Office 365, ce qui faisait les affaires de Microsoft même si l’offre directe de la firme de Redmond avait été rejetée.

Vendredi dernier, Azure a également emporté le plus lucratif des marchés américains : le fameux contrat JEDI (Joint Enterprise Defense Infrastructure), visant à moderniser les infrastructures du Pentagone. Un contrat évalué à 10 milliards de dollars sur dix ans qui a toujours prêté à polémique, le Pentagone ayant opté pour un fournisseur unique (d’où le « Joint » du nom du contrat).
Une approche « tous les œufs dans un même panier » décriée par certains, à commencer par les premiers prétendants rejetés. En effet, Amazon, Google, IBM et Oracle avaient à l’origine été pressentis. Google s’est rapidement retiré de la compétition au prétexte que soutenir l’armée allait contre les principes de l’entreprise (mais leur offre n’allait apparemment pas être retenue par l’administration pour le round final). En avril, le Pentagone rejetait les candidatures d’IBM et d’Oracle et annonçait que le match se jouerait entre Microsoft Azure et Amazon AWS. Depuis, Oracle a entrepris différentes actions en justice pour dénoncer l’approche d’un fournisseur unique.

Alors que plusieurs observateurs considéraient Amazon comme le favori de cette course, notamment parce qu’AWS avait déjà emporté un juteux contrat en 2013 avec la CIA, c’est finalement le cloud Azure de Microsoft qui a été choisi par le Pentagone. Une décision qu’Amazon semble vouloir contester en justice selon l’agence Reuters. Mais l’entreprise de Jeff Bezos s’est pour l’instant contentée de déclarer, par la voix de son porte-parole Douglas Stone, « nous sommes surpris par les conclusions du Pentagone. Le vrai leader du Cloud Computing ainsi que l’étude comparative détaillée des offres conduisent clairement à une conclusion différente (ndlr : de celle retenue par le Pentagone) ».

Car, pour beaucoup, la décision finale est davantage politique que technique. En Août dernier, le Pentagone annonçait repousser sa décision après que Donald Trump ait émis des craintes sur de potentiels conflits d’intérêts dans le processus de sélection. Le secrétaire à la Défense Mark Esper s’était d’ailleurs lui-même retiré du processus de sélection parce que son fils travaillait chez un des fournisseurs de cloud, en l’occurrence IBM.
Pour certains observateurs, la décision du Pentagone aurait été forcée par Donald Trump en personne qui a toujours considéré Jeff Bezos (le fondateur et CEO d’Amazon) comme un ennemi personnel notamment parce qu’il est le propriétaire du Washington Post (très critique envers politique du président américain) et qu’Amazon fait de l’ombre à certains business de l’empire commercial Trump.

Dans le communiqué publié vendredi soir, le ministère de la Défense a déclaré que « le processus d’acquisition a été mené conformément aux lois et règlements applicables. Tous les participants ont été traités équitablement et évalués selon les seuls critères d‘évaluation énoncés lors de la sollicitation ». Et d’ajouter que « d’autres contrats sont planifiés en matière de services coud et de solutions de migration et intégration ». Autrement dit, que les perdants se rassurent, il y aura encore quelques juteuses miettes à se partager prochainement…