Un mois après l’invalidation de l’accord Safe Harbor, Microsoft annonce un important renforcement de ses datacenters en Europe. Des mesures lourdes de sens dans le contexte actuel de méfiance européenne concernant les fournisseurs cloud américains.

Avec un investissement de 2 Md$, la firme de Redmond prévoit à la fois de renforcer ses infrastructures en Irlande et aux Pays-Bas et d’en ouvrir de nouvelles en Allemagne et au Royaume-Uni. Les deux centres allemands, situés dans les villes de Francfort et Magdebourg, devraient être opérationnels fin 2016. Le réseau de datacenters de Microsoft s’étend sur 24 régions dans le monde, pour 15 Md$ d’investissement.
Contexte de méfiance

Ces nouveaux datacenters permettront aux entreprises de l’Union européenne d’utiliser les services de Microsoft sans que leurs données ne passent par les États-Unis. Azure, Office 365 et Dynamics CRM seront disponibles sans déroger aux contraintes réglementaires dont font l’objet les secteurs critiques de la santé ou de la finance.

Ce renforcement européen de Microsoft fait écho à l’invalidation le 6 octobre 2015 de l’accord Safe Harbor pour protéger les données personnelles des Européens des grandes oreilles des renseignements américains. En Allemagne, pays en pointe pour la protection des données, c’est T-Systems, une filiale de Deutsche Telekom, qui sera en charge des données personnelles clients. Microsoft, en plein bras de fer judiciaire sur la question aux États-Unis, n’y aura concrètement pas accès.