La migration de son ERP vers le cloud n’est pas une initiative de tout repos. Même si l’opération peut éventuellement engendrer des gains de performance et une réduction des coûts, elle soulève plusieurs défis et nécessite une longue préparation.

Les migrations d’applications critiques de son infrastructure interne vers le cloud ne sont jamais une partie de plaisir. Les challenges sont multiples et parfois complexes et 90% des DSI ont expérimenté des migrations plus chaotiques qu’ils ne l’avaient anticipé au départ.
Bien évidemment, l’ERP fait parti de ces applications critiques dont le redéploiement dans le cloud nécessite beaucoup de planification et d’attention de la part des DSI. Séduites par l’élasticité du nuage et par l’opportunité de libérer des ressources internes, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à considérer une migration de leur ERP vers un cloud. Selon une étude récente du CSA (Cloud Security Alliance) auprès de 200 entreprises internationales, elles sont désormais 69% à vouloir ainsi déplacer toute ou partie de leurs données pour les ERP les plus populaires dans le nuage. Une migration qui se fera à priori progressivement puisque l’ERP ne devrait représenter que 30 milliards de dollars des investissements cloud en 2021, soit une maigre fraction des 266 milliards qu’elles dépenseront au total dans le cloud.

Les deux principaux freins à cette migration sont le fait d’y déplacer des données sensibles (pour 65% des DSI interrogées) et les problématiques de sécurité (pour 59% des DSI). Le CSA avertit d’ailleurs que ces freins ne sont pas simples à lever. Les systèmes doivent être réarchitecturesés pour le cloud afin de s’assurer du chiffrement des données en mouvement ainsi que des données stockées et archivées mais aussi afin d’adapter les défenses à un environnement différent qui nécessitent souvent de repenser les solutions de gestion des identités et des accès.
Les autres freins à cette migration sont les problématiques de conformité (pour 54% des DSI), les risques d’interruption des opérations durant la phase de migration (pour 47% des DSI) et enfin le temps nécessaire pour planifier, préparer et concrétiser la migration (pour 46% des DSI).

Malgré ces freins majeurs, la migration mérite d’être envisagée pour résoudre les problèmes de montée en charge (pour 65% des DSI interrogées), pour réduire le coût de possession (61% des DSI) et pour s’affranchir des problématiques de mises à jour et de patchs de sécurité (pour 49% des DSI).

Autre difficulté moins souvent évoquée, celle de l’approche à choisir. Certaines entreprises optent pour un « Lift & Shift » qui consistent finalement à déplacer l’existant sur un IaaS (Infrastructure as a Service), alors que d’autres s’intéressent davantage à une migration vers un véritable ERP en SaaS (Software as a Service) tel que Microsoft Dynmanics 365, SAP S/4HANA Public Cloud, NetSuite, ou Oracle Cloud ERP. Les deux approches soulèvent notamment des problématiques très différentes en matière de sécurité et de gestion des coûts sur le long terme, et ne se préparent pas de la même façon…

Source :
CSA – The Impact of Cloud on ERP