L’une des missions du DSI étant, selon notre jury, d’exercer une influence numérique, tant sur sa direction générale que sur les instances politiques nationales, le jury a estimé important de récompenser l’action de Nicolas Chapuis. Un choix osé qui met en avant un homme qui n’est pas issu du sérail. Et pourquoi pas ?

Depuis des années, on prône les profils multispécialités et on reconnaît que les grands techniciens ne font pas forcément les grands DSI. Depuis le 1er juillet 2011, Nicolas Chapuis, qui a en poche un DEA d’études chinoises, une licence de langue et civilisation mongoles et une licence d’histoire, préside à la destinée de la DSI du ministère des Affaires étrangères. Il est loin toutefois d’être hermétique aux nouvelles technologies. En témoignent un titre de formateur à l’ENA sur la diplomatie numérique et ses qualités de membre du conseil scientifique de l’Institut Transcultura, membre du conseil d’orientation stratégique d’Orange Business Services, ainsi que d’un comité technique de la DISIC (direction interministérielle des systèmes d’information et de communication, services du Premier ministre).

La DSI de son ministère compte 282 agents répartis sur 21 centres régionaux d’assistance (Crasic), disséminés dans le monde et travaillant notamment sur les moyens de communication électronique, ainsi que le chiffrage des informations. Parmi ses grands projets récents figurent aussi le déploiement d’une solution de vote électronique pour l’élection des députés des Français à l’étranger en 2012 ; la livraison aux agents consulaires de la solution Itinera (PC portable dans une valise avec capteurs biométriques en vue de collecter les informations nécessaires pour réaliser des passeports loin des locaux officiels) ; l’équipement progressif (plus de 1000 fin 2013) des diplomates de la solution Itineo (PC permettant de se connecter de partout à l’intégralité de leur SI).

Toutefois, c’est un projet de plus grande envergure qui a monopolisé les forces de la DSI en 2013 : Diplomatie, le portail interministériel de la correspondance diplomatique. Son objectif : unifier en un seul outil les flux de correspondance diplomatique pour l’ensemble des administrations publiques, des opérateurs de l’État, des entreprises et des centres de recherche participant à l’action extérieure du pays. La solution repose pour l’essentiel sur l’intégration de deux applications open source : le réseau social Liferay et la gestion de documents Alfresco. Une version pilote a été livrée le 2 janvier pour une ouverture officielle du service le 1er juillet 2014. Le retour sur investissement sera très court (3 ans) pour un gain de productivité de l’ordre de 20 % par rapport aux méthodes traditionnelles. Un pas de plus vers l’Administration 2.0.