Sa mission : développer la filiale française de cette plate-forme communautaire de location de logements entre particuliers. Un site qui monte et… qui dérange.

Au QG parisien d’Airbnb, Olivier Grémillon se sent comme à la maison. Canapé confortable, coin cuisine aménagé… Et la salle de réunion qui ressemble à une chambre d’enfant. Avec ses prestigieux diplômes (un master de l’Essec, un MBA de Harvard) et huit ans dans les plus grands cabinets de conseil en France et aux Etats­Unis, ce brillant trentenaire n’aurait pourtant jamais imaginé travailler un jour dans un tel cadre. Jusqu’à ce qu’il se fasse chasser sur Linkedin par un recruteur d’Airbnb, le spécialiste sur le Net des bons plans d’hébergements dénichés auprès des particuliers.

Bouche-à-oreille gagnant. Attiré par l’aventure entrepreneuriale, convaincu par le “ concept révolutionnaire ” de cette plate­forme communautaire, il ouvre le 1er février 2013 le bureau français d’Airbnb (qui compte aujourd’hui 25 employés). “ Airbnb n’a pas inventé la location de courte durée, mais il l’a étendu à la location de maison principale ”, résume­-t­-il.

En clair, n’importe quel particulier (avec l’autorisation du propriétaire) peut louer durant son absence une chambre ou son logement entier (75 % des cas dans l’Hexagone). Il dispose pour cela d’une plate­forme Web innovante incluant des fonctionnalités de réseau social (profils, connexion avec ses “ amis Airbnb ” sur Facebook, etc.) et de belles photos. Airbnb prend 3 % de frais de transaction aux hôtes. Les voyageurs, eux, paient entre 6 et 12 % de commission.

Depuis son ouverture, le site a multiplié par trois le nombre d’annonces en France (environ 30 000), entre autre grâce au bouche-à-oreille. “ La plupart des utilisateurs veulent voyager autrement et faire partie d’une communauté. Lorsqu’ils nous donnent leur avis, ils nous parlent davantage des bons plans indiqués par leurs hôtes dans le quartier que de leur location. ” A Paris, certains arrondissements populaires comme le XXe ont une meilleure cote que des quartiers touristiques comme le VIe.

Evangélisation. Il n’empêche, Airbnb dérange de nombreux acteurs des sites spécialisés de petites annonces comme Abritel, jusqu’aux hôtels. Récemment, à New York, un particulier qui louait son appartement via Airbnb a été condamné par la juridiction locale qui a qualifié la location d’activité hôtelière illégale. L’affaire a fait du bruit jusque dans l’Hexagone, où la location de résidence principale est pourtant autorisée.

Depuis, Olivier Grémillon redouble d’énergie pour expliquer le modèle d’Airbnb, notamment aux groupes hôteliers qui l’accusent de concurrence déloyale. Lui reste droit dans ses bottes et croit dur comme fer que de plus en plus de gens aspirent aujourd’hui à consommer autrement, en utilisant au mieux des ressources inexploitées. Il a en tout cas trouvé le sens qu’il souhaitait donner à sa carrière.

Bio

2002 : Diplômé de l’Essec Business school.
De 2002 à 2004 : chef de projet marketing chez Deloitte.
2012 : Directeur France, Belgique, maroc d’Airbnb. Ouvre le bureau français début 2013.