Pour Vivek Badrinath, les services cloud d’Orange Business Services confortent sa légitimité sur la gestion de l’infrastructure informatique. OBS ne s’impliquera pas sur le développement d’applicatif.

Dans un entretien, le directeur exécutif d’Orange Business Services confirme la diversification de son activité dans la gestion de l’infrastructure informatique adhérente au réseau, devant le recul des revenus issus de la téléphonie d’entreprise. Les services cloud, avec lesquels OBS compte réaliser 500 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015, se situent au cœur de cette offensive. Vivek Badrinath dresse aussi les limites de l’extension de ses activités vers les services informatiques, OBS n’ayant pas l’intention de s’impliquer jusqu’au développement d’applicatif.

La diversification d’OBS dans les services informatiques et d’intégration réseau va-t-elle s’accentuer ?

Vivek Badrinath : Orange Business Services s’appuie sur le socle de la connectivité fixe et mobile. Au dessus, nous sommes présents sur l’infrastructure informatique, sorte d’extension naturelle. Nous l’étions déjà sur l’hébergement, qui se métamorphose aujourd’hui en cloud, avec la promesse d’une informatique virtualisée et élastique. Cette élasticité est proche de ce que nous faisons déjà avec le réseau. Nous répondons donc à des appels d’offres sur l’exploitation de l’infrastructure informatique. Au-delà de l’infrastructure, nous répondons à deux verticales applicatives : la première, qui fait partie de notre identité, est la communication unifiée au sens large (messagerie, téléphonie sur IP). L’autre a trait aux centres de contact et à leur évolution vers une infrastructure multicanal pour les grandes entreprises.

Considérez-vous qu’OBS soit légitime (ou doive l’être) sur la gestion d’infrastructure du système d’information ?

V.B. : Nous nous situons sur un marché historique et cherchons à nous diversifier sur d’autres, adjacents, dans un contexte où le chiffre d’affaires de la téléphonie décroît. Nous cherchons à situer la croissance des dépenses de nos clients pour l’infrastructure télécoms. C’est là que nous accompagnons nos clients. Nous avons développé, au-dessus d’une activité de réseaux et de téléphonie, une activité de services, à la fois de manière organique et par acquisition. Aujourd’hui, Orange Business Services est sur le radar. Dans le classement de Pierre Audouin Conseil, nous ressortons comme sixième SSII française. Nous cherchons plus particulièrement à nous agrandir dans deux domaines : l’infrastructure informatique adhérente au réseau, tout en ne cherchant pas à s’impliquer jusqu’à l’applicatif, et le développement international dans les pays émergents.

Quelles sont les limites à l’extension de vos activités dans l’informatique ?

V.B. : Orange Business Services n’est ni Cap, ni Atos, ni IBM. Nous ne participerons pas à de grandes migrations techniques d’ERP, ou bien en partenariat, en nous occupant de la partie réseau, comme sous-traitant de l’infrastructure. Nous ne nous projetons que sur des programmes où nous pouvons créer de la valeur. Il y a quelques secteurs verticaux où il est possible d’aller plus loin, comme le transport aérien, la santé ou la finance, car nous en connaissons les enjeux. L’entrée de gamme du service informatique comme la maintenance de PC ne nous intéresse pas non plus. On n’intervient que lorsque ce service accompagne d’autres activités, comme c’est le cas avec Lufthansa, car nous sommes déjà bien actifs dans les aéroports, par le biais de notre activité historique avec Sita.

Quelles réelles opportunités offrent les services cloud à Orange Business Services ?

V.B. : A partir de 2011, les DSI souhaitent que leur applicatif soit effectué sur une infrastructure virtualisée ou virtualisable et cloud. Il est indispensable pour Orange de répondre à leur attente. Les entreprises intéressées par le cloud sont celles dont le modèle économique se trouve à une bifurcation,  et dont le système d’information est à revoir. L’accompagnement de cette mutation fait partie de notre métier. Cela dit, la migration de la totalité de l’informatique existante vers le cloud ne peut être que graduelle. Aucune entreprise importante ne pratique le big bang pour faire migrer tout son système d’information sur le cloud. Par contre, un événement qui la conduit à réfléchir sur ses nouveaux besoins, peut l’amener à évoluer vers le cloud. C’est le cas d’une diversification géographique, du lancement d’une nouvelle activité ou de la sortie d’une activité existante. En 2011, ne pas se poser la question de la pertinence des technologies cloud, lorsque l’on a à bâtir une informatique neuve, est une erreur.

GDF Suez signe un contrat d’infogérance de six ans avec OBS

GDF SUEZ et Orange Business Services ont signé un accord dans le domaine de l’infogérance des systèmes d’Information pour une durée de six ans. Ce contrat recouvre les services standards comme l’hébergement, l’exploitation des infrastructures et celle des applications ERP, mais également la mise en place d’une équipe commune d’ingéniérie, en charge de développer les solutions du groupe, au plus près des besoins des business units. Ces deux équipes travailleront aussi ensemble, notamment sur des solutions de cloud computing privé, qui constituent la voie privilégiée par les grandes entreprises pour migrer vers l’hébergement de leur système d’information en mode cloud.