Gouvernance

Richard Daniel, Esmod : un DSI sur mesure

Par La rédaction, publié le 17 juillet 2015

Richard Daniel, responsable des systèmes d’information de l’école de stylisme mondialement connue Esmod Paris, baigne dans un milieu ultra-créatif. Il réussit à faire la synthèse entre l’évolution de la mode vers les nouvelles technologies, et la nécessaire conservation d’un savoir-faire artisanal.  

Dans l’atrium de l’école de mode Esmod, dans le IXe arrondissement de Paris, les ferrures sorties des ateliers Eiffel donnent un sacré caractère à l’ensemble du bâtiment. L’esprit de son créateur, Alexis Lavigne, à qui on doit l’invention du mètre ruban et de nouvelles méthodes de coupe qui ont révolutionné le stylisme moderne, souffle sur la mode depuis la création de l’école Esmod Paris en 1841. Et son savoir-faire s’est exporté : on compte des écoles Esmod dans de nombreux pays du monde, dans des villes comme Djakarta ou Kuala Lumpur.

Cet esprit créatif, Richard Daniel, responsable des systèmes d’information de l’École Esmod Paris, y a été sensible dès son arrivée, en janvier 2009. Rien ne prédestinait pourtant cet informaticien venu de NTT à présider à l’évolution informatique d’une des écoles les plus connues dans le monde du stylisme : après un rapide passage dans la banque, chez Reuters, il rejoint l’opérateur NTT… et compte Esmod Paris comme client. La mayonnaise prend tellement bien que, lorsque Esmod Paris a besoin d’un responsable informatique, elle recrute Richard Daniel. « Travailler dans un milieu créatif comme celui de la mode est passionnant. Tout est toujours en mouvement, on innove en permanence », jubile-t-il. Et même s’il faut savoir gérer quelques egos, les enjeux sur la technologie et l’évolution de la mode donnent toute sa dimension à un poste où la créativité et l’innovation l’emportent sur la dimension technique.

« Les défis technologiques sur la mode et l’évolution de l’école ne manquent pas, explique Richard Daniel. Les élèves savent manier la 3D pour dessiner des vêtements, notamment avec le logiciel Lectra, et nous avons un partenariat avec Dassault Systèmes pour la création en 3D. Les étudiants doivent utiliser le digital dans la création de modèles. » Sans parler de la culture numérique, de plus en plus présente dans le petit monde de la mode, où des blogueuses de 25 ans à peine cumulent des millions de visiteurs sur leur site, et raflent aux rédactrices de mode chevronnées l’audience lors des défilés et autres « Fashion Week ». Ni de l’augmentation du commerce électronique dans le chiff re d’affaires des grands noms de la mode…

« De plus, reprend Richard Daniel, je travaille avec la documentaliste pour numériser toutes les archives d’Esmod Paris : elles seront accessibles aux autres écoles Esmod dans le monde entier, aux étudiants, et aux anciens élèves. » Ce fonds documentaire représente une richesse inestimable en termes de savoir-faire. En matière de réseau, Esmod Paris n’est pas en reste : les étudiants seront tous équipés de Microsoft Offi ce 365 à la rentrée. Digitalisation de la création, numérisation de la documentation, création d’un réseau des étudiants et des anciens élèves pour diff user la culture « esmodienne » : Richard Daniel est sur tous les fronts.

Pour autant, et c’est une constante, « le stylisme reste une affaire d’artisanat. Le rapport à la matière est essentiel, et jamais on ne remplacera la petite main qui coud le vêtement », rappelle Richard Daniel. En témoigne, dans les salles de cours, l’alternance entre des outils high-tech comme la salle de coupe avec un traceur numérique, qui permet de numériser chaque patronage (dessin d’une pièce d’un vêtement), et les salles d’échantillons de tissus, un trésor dans lequel piochent les étudiants pour créer leurs modèles. Ce mélange entre la high-tech et une dimension séculaire du stylisme plaît visiblement à Richard Daniel. L’avenir ? Pour l’heure, Richard Daniel ne se pose pas la question : « j’aime ce que je fais, je travaille dans un milieu ultra-créatif, où j’ai une reconnaissance de mon travail. Je peux faire ce que j’aime en ayant les mains libres », conclut-il.

Sylvaine Luckx  

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