SIEL mutualise un réseau départemental bas débit au service de l’IoT Depuis 2020, le réseau bas débit ROC42 connecte les villes et villages du département de la Loire. De quoi faciliter et mutualiser le développement d’infrastructures d’objets connectés par les communes, comme en témoigne celle de Roche-la-Molière. Lancé en 2020 par SIEL Territoire d’énergie Loire, le réseau bas débit ROC42 a été déployé au niveau du département. Son objectif est de faciliter les projets communaux d’installation d’objets connectés, tout en évitant l’émergence d’un foisonnement de réseaux. Avec déjà des succès significatifs, comme en témoigne Cédric Lhoste, directeur général adjoint de la Mairie de Roche-la-Molière : « Nos installations de chauffage étaient vieillissantes. Nous avons subi de plein fouet la crise énergétique consécutive à la guerre en Ukraine », indique-t-il. Sa commune a alors cherché à optimiser sa consommation d’énergie. Rapidement, la solution est apparue, avec la mise en place de capteurs permettant de piloter automatiquement la température des salles. « Nous étions sur le point de développer notre propre réseau lorsque nous avons entendu parler de ROC42 », poursuit l’adjoint. Sa commune, comme bien d’autres, a donc pu profiter des passerelles installées à travers le département. Elles n’ont dès lors plus besoin de se soucier du développement d’un réseau lorsqu’elles entreprennent un projet d’Internet des Objets. Il leur suffit simplement de raccorder la solution IoT qu’elles ont choisie. De fait, les usages dérivés de ROC42 sont déjà multiples : contrôle de l’éclairage public, mesure de la qualité de l’air, ramassage des déchets, entretien des voiries, stationnement… À noter également un projet à visée pédagogique, le « galet connecté ». Grâce à un capteur placé sur un galet puis mis dans une rivière, des élèves ont pu étudier le cours de l’eau. La technologie LoRaWan préférée à Sigfox « Chaque besoin a son objet connecté », affirme Franck Ruard, responsable des services chez ROC42. Mais pour le satisfaire, il faut une architecture robuste. « Nous avons choisi de nous tourner vers une bande de fréquence de 868 MHz, utilisée pour la télévision cathodique et moins onéreuse à déployer que de la 5G. Nous avons ensuite opté pour la technologie LoRaWAN face à Sigfox, principalement pour son protocole ouvert qui permet de connecter tous types de capteurs », explique-t-il Étape suivante, le choix des lieux d’implantation des passerelles. D’un rayonnement maximum d’une quinzaine de kilomètres, ces dernières ont été avant tout installées sur des points hauts comme des églises. Sauf dans deux cas où, en l’absence d’édifice religieux, deux antennes ont été installées « sur des bâtiments publics qui présentent l’avantage de ne pas nécessiter de signature de convention. » Le coût total du déploiement de ce réseau s’est élevé à 2,5 M€, dont 500 000 € pris en charge par le Fonds européen de développement régional (Feder). Au-delà de l’investissement, il faut compter un budget annuel de maintenance d’environ 40 000 €. Des retours sur investissement rapides pour les communes En face, pour les communes, ce réseau représente un gain de temps tout en limitant les investissements. « Nous nous sommes seulement occupés de la partie administrative, sans avoir à gérer la technique, les diagnostics, etc. », explique Cédric Lhoste. Opérationnel depuis 2024, le réseau de vannes thermostatiques en compte aujourd’hui plus de 500 permettant de piloter la température des bâtiments au degré près. « Lorsque nous avons signé, une économie d’énergie de 40 % nous a été annoncée et nous avons effectivement réduit notre consommation », ajoute Angélique Dupont, sa collègue responsable des bâtiments de Roche-la-Molière. Le projet IoT a tout de même nécessité un investissement d’environ 300 000 € pour la commune. Cette enveloppe comprend le remplacement de chaudières, ainsi que 30 000 € consacrés au déploiement des capteurs et à la souscription au logiciel Sensing Vision. Mais face à une facture électrique annuelle d’environ 700 000 €, montée jusqu’à 1 M€ au pic de la crise énergétique, Cédric Lhoste en attend « un retour sur investissement rapide ». À cela s’ajoute une meilleure qualité de service, rendue possible par une plus grande réactivité face aux pannes. « Dès qu’une salle passe en dessous de 14°C, nous avons une alerte par téléphone ou e-mail. Nous pouvons ainsi intervenir sur le champ. Avant, s’il y en avait une, nous étions prévenus sur le tard, lorsque les occupants du bâtiment arrivaient. Puis, il nous fallait encore deux jours pour régler le problème », détaille Angélique Dupont. Les ondes inquiètent des citoyens et des communes Au-delà des aspects techniques, le projet a aussi nécessité une véritable campagne de communication. « Nous avons dû gagner la confiance des utilisateurs. Certains craignaient que le réseau soit utilisé pour les filmer ou les enregistrer », explique Cédric Lhoste. Une problématique que confirme SIEL. « Lorsque nous avons pris contact avec les 321 communes du département pour leur proposer de se relier au réseau, une vingtaine n’ont pas souhaité participer, craignant des impacts négatifs sur la population à cause des ondes. Nous n’avons pas forcé. Quelques-unes sont revenues par la suite sur leur décision en constatant les bénéfices observés dans d’autres villages », indique Franck Ruard. Aujourd’hui, le département compte 333 passerelles et 7 000 capteurs, et le réseau continue de se densifier, tout comme les projets des communes. Une réussite qui positionne aujourd’hui ROC42 comme une référence nationale en matière de mutualisation des infrastructures IoT territoriales. Pour preuve, « les syndicats de l’Ardèche, de l’Isère, de l’Ain, de la Manche ou encore du Doubs veulent suivre notre voie et nous ont rencontrés. Nous avons également été invités à plusieurs salons pour parler du sujet », conclut le responsable de SIEL. Le réseau bas débit ROC42 est aujourd’hui utilisé par 90 % des communes du département de la Loire, notamment pour des projets d’optimisation du chauffage, de la circulation ou encore de gestion de l’éclairage urbain. Franck Ruard Responsable ROC42 pour SIEL - Territoire d’énergie Loire « Certaines des 321 communes du département n’ont pas souhaité participer initialement, craignant des impacts négatifs sur la population à cause des ondes. Quelques-unes sont revenues par la suite en constatant les bénéfices observés dans d’autres villages. »

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SIEL mutualise un réseau départemental bas débit au service de l’IoT

Par Julia Guinamard, publié le 02 juillet 2026

Depuis 2020, le réseau bas débit ROC42 connecte les villes et villages du département de la Loire. De quoi faciliter et mutualiser le développement d’infrastructures d’objets connectés par les communes, comme en témoigne celle de Roche-la-Molière. […]

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