L’un des prévenus était défendu par Olivier Metzner, qui s’est suicidé en mars dernier. Le renvoi doit permettre à l’avocat qui le remplace de prendre connaissance du dossier.

Le tribunal correctionnel de Paris a renvoyé, ce mercredi 15 mai, à début 2014 le procès de huit personnes soupçonnées d’avoir falsifié, au début des années 2000, les comptes de la société de conseil Altran Technologies, a-t-on appris de source judiciaire. Le procès se tiendra du 15 janvier au 7 février devant la 11e chambre. Ce renvoi a été demandé par l’un des prévenus, qui était défendu par Olivier Metzner, lequel a mis fin à ses jours en mars, afin que Maître Hervé Temime, qui assurera sa défense avec Maître Nicolas Huc-Morel, associé de Maître Metzner, puisse prendre connaissance du dossier.

Au total, huit personnes sont poursuivies, notamment pour « complicité de diffusion d’informations fausses ou trompeuses » et « présentation de comptes infidèle ». Parmi elles figurent les deux anciens dirigeants et cofondateurs du groupe, Alexis Kniazeff et Hubert Martigny, ainsi que l’ex-directeur général, Michel Friedlander. La justice les soupçonne d’avoir falsifié les comptes d’Altran Technologies pour dissimuler un recul de l’activité de cette société d’informatique en 2001 et 2002.

Selon l’enquête, le directeur général du groupe d’alors, Frédéric Bonan, a reconnu « avoir eu connaissance des manipulations comptables qui existaient dans le groupe depuis au moins fin 2001 » et aurait « donné des instructions à des managers de gonfler le chiffre d’affaires fictif ». MM. Kniazeff et Martigny étaient désireux de « préserver l’image du groupe auprès des investisseurs et soutenir le cours du titre Altran ». Parmi les manipulations comptables relevées par l’enquête, ouverte après une plainte des petits actionnaires du groupe et qui a duré six ans, figure l’émission par des filiales d’Altran de fausses factures pour une valeur de 105 millions d’euros.