A 53 ans, cet ancien cadre dans l’industrie sidérurgique vient de créer une sorte de Bourse du vin sur son site de cave en ligne.

 Lorsqu’il inspecte sa cave, comme en cet après-midi pluvieux de novembre, Thierry Godet n’a pas besoin d’aller bien loin. Et pour cause : les 1 500  bouteilles de sa collection personnelle, conservées dans un chai près de Beaune (Bourgogne), ce Lyonnais les surveille depuis son ordinateur ! 

Et c’est également depuis leur PC que les 1 300  clients de Cavissima, le site de constitution et de gestion de caves à vin qu’il a créé en 2010, passent leurs commandes. Envie de déguster un verre d’ermitage-le pavillon rouge ? Un clic suffit pour recevoir le breuvage chez soi, quatre jours plus tard. Thierry Godet, lauréat 2011 de la BFM Académie, qui tient aujourd’hui une chronique sur le vin sur BFM Business, fait de nouveau parler de lui. Il vient d’inaugurer une plate-forme permettant à ses clients d’évaluer en ligne la cote d’une bouteille. « Nous avons beaucoup investi pour créer cette Bourse du vin, et noué des accords avec le comparateur indépendant Wine Decider », précise ce passionné. 

Cave vivante… Cet outil, les clients de Cavissima l’utilisent avant d’acheter un primeur ou un grand cru dans la boutique en ligne (900 références). Ou pour le revendre leurs bouteilles ! « Pour qu’une cave respire, il faut que des vins y entrent et que d’autres en sortent », explique le quinquagénaire, qui a bu sa première gorgée de Meursault à 18 ans avec un célèbre vigneron bourguignon. L’avantage pour les acheteurs ? S’offrir des crus acquis en première main par Cavissima, conservés dans des conditions optimales.

… et sécurisée. De l’industrie sidérurgique aux vins français, il y a un monde. Thierry Godet, qui a travaillé durant vingt-trois ans comme cadre dans le groupe suisse Von Roll, en rêvait dès 1997. « C’est en ouvrant une filiale à Singapour que j’ai eu l’idée de concevoir un service de constitution de cave sécurisée pour les expatriés », se souvient-il,  lui qui s’est fait cambrioler la sienne à deux reprises. Mais il mettra une douzaine d’années avant de sauter le pas. Le temps de comprendre que pour réussir sa reconversion, il fallait qu’elle rime avec passion.

A.C.