Ce polytechnicien, qui propose des logiciels améliorant les prestations des messagerie mobiles, vient d’ouvrir un bureau aux Etats-Unis. Objectif : s’implanter dans le monde entier. 

De retour des Etats-Unis, où il vient d’ouvrir une filiale le matin même,Yann Chevalier présente pourtant un visage sans aucune trace de jetlag. Mais dans ses yeux clairs, brille l’excitation du navigateur découvrant le Nouveau Monde. « Nous avons une grande ambition sur ce continent, se réjouit le cofondateur d’Intersec. Et un rôle important à jouer, notamment sur le marché de l’alerte par SMS, car nos solutions destinées à aider les opérateurs téléphoniques pour fidéliser leurs clients ont un bon avantage compétitif. »

Homme de défi. La compétition, ce diplômé de Poly-technique et de Telecom Paristech, aime ça. A la fin de ses études, en 2004, un poste de coordinateur en sécurité informatique l’attend dans un grand groupe banquier français. Il préfère suivre son camarade Olivier Guillaumin, un ancien de l’X, de vingt ans son aîné, et dépenser sa prime de stage pour fonder Inter-sec. Sans projet précis. « Nous nous étions rendu compte que, la nuit du 31 décembre, le traitement des SMS en temps réel posait problème. Nous avons alors pensé à développer des applications industrielles perfor-mantes », se souvient cet accro du portable qui, cette année encore, passera son réveillon à envoyer des SMS à ses proches, puis mesurera leur temps de livraison en fonction de l’opérateur destinataire. Pari réussi, puisque neuf ans plus tard, l’entreprise emploie 115 personnes, a engrangé 8,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012 et prévoit de le doubler en 2013.

SMS promotionnels. Les clients ne manquent pas. SFR, Orange, Vodafone, Portugal Telecom, ou encore Maroc Telecom… une soixantaine d’opérateurs dans le monde utilisent aujourd’hui les logiciels d’Intersec. « Nous leur offrons des services adaptés à chaque typologie d’abonnés, et des sources de revenus pour pallier l’érosion des communications vocales et des textos », explique l’ingénieur. 

La technologie de géolocalisation Igloo, par exemple, avertit les équipes marketing de SFR dès qu’un abonné entre ou sort d’une zone de chalandise prédéfinie. Elles proposent ainsi des campagnes de publicité aux grandes enseignes, avec envois de SMS promotionnels en fonction des centres d’intérêt des clients SFR chaque fois qu’ils pénètrent dans un centre commercial. Un logiciel adaptable aux pays du monde entier. En 2013, en plus des Etats-Unis, Yann Chevalier s’est implanté en Alle-magne, en Espagne, au Brésil, aux Emirats arabes unis et en Côte d’Ivoire. Il cible désormais le Moyen-Orient et l’Asie. Où qu’il aille, ce passionné de course d’orientation sait garder le cap.

Par Amelie Cordonnier