IA agentique et souveraineté cloud : Workday veut rassurer les DSI

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Hervé Uzan (Workday) : «  Workday est aujourd’hui une plateforme d’IA agentique complète »

Par Laurent Delattre, publié le 16 juin 2026

À l’approche de Workday Elevate Paris 2026, organisé le 23 juin au Carrousel du Louvre, Hervé Uzan, vice-président Europe du Sud de Workday, est l’invité de Thomas Pagbé sur le plateau IT for Business. L’occasion de décrypter la mue de l’éditeur en « plateforme d’IA agentique », ses investissements en France, et déchiffrer, au final, une feuille de route qui touche directement les préoccupations actuelles des DSI : souveraineté, intégration, conformité, automatisation et pénurie de compétences.

Longtemps identifié comme un spécialiste des RH et de la finance, Workday se présente désormais comme une plateforme d’IA pour les RH, la finance… et l’IT. Le glissement est stratégique. Car l’IA générative, puis agentique, remet la DSI au centre du jeu : qualité des données, droits d’accès, orchestration des processus, sécurité des automatisations et capacité à prouver ce que font les agents.

Nombre de DSI ont appris à leurs dépens que les projets d’IA générative achoppent d’abord sur la donnée. « L’IA n’apporte de la valeur que sur des données propres, fiables et partagées », rappelle ainsi Hervé Uzan, qui remet au passage les forces de Workday au travers d’une formule efficace « un seul socle de données, un seul modèle de processus, une seule interface utilisateur ».

Un triptyque qui fait mouche et interpelle les DSI : sans référentiel partagé, l’IA d’entreprise reste un empilement d’assistants séduisants, mais impossibles à gouverner.

Et c’est précisément ce triptyque et cette promesse d’un socle unifié qui permettent à Workday de faire pivoter son discours vers l’IA agentique. L’éditeur ne parle plus seulement d’automatiser des tâches RH ou financières, mais d’enchaîner des actions métier complètes, déclenchées par des agents capables de dialoguer avec les applications, les données et les processus de l’entreprise.

Des agents IA sous gouvernance

La démonstration se veut concrète et ancrée dans les réalités de terrain. Hervé Uzan l’appuie au travers de deux exemples.
Le premier, côté IT, est l’apparition très récente d’une fonctionnalité qui permet désormais de créer dans Workday des agents « à l’aide d’une interface conversationnelle ».
Deuxième exemple, côté RH, l’intégration d’un nouveau collaborateur qui s’accompagne typiquement d’une commande du poste de travail, de l’ouverture des accès applicatifs, de la planification des rendez-vous d’accueil, etc. : « Ça prend deux minutes maintenant avec un agent ; avant, ça prenait quatre heures », assure Hervé Uzan.

Mais cette montée en puissance des agents ne se décrète pas uniquement depuis une plateforme. Elle suppose un écosystème capable de concevoir, paramétrer, superviser et maintenir ces automatisations dans la durée. Pour Workday, la bataille de l’IA agentique ne se joue donc pas seulement dans les fonctionnalités produit, mais aussi dans la disponibilité des compétences, la proximité avec les grands marchés européens et la capacité à rassurer des clients de plus en plus attentifs à leur dépendance technologique.

Souveraineté, conformité, compétences : les cartes européennes

Alors, à l’occasion de son rendez-vous parisien, Workday pousse aussi un message très français. L’éditeur revendique un investissement de 200 millions d’euros en France, présenté comme un moyen d’accompagner la montée en puissance de l’IA agentique.
Parallèlement, le programme Workday Talent Booster, monté avec France Travail et Liora by Omnes Education, prévoit de former et recruter 500 consultants pour les partenaires et jusqu’à 1 000 profils pour les clients. Un sujet qui ne peut qu’interpeler les DSI : ce ne sont pas les cas d’usage qui manquent, mais les compétences pour les déployer proprement.

Parler aux européens, c’est aussi parler de conformité. Workday met en avant une offre dédiée à la directive européenne sur la transparence des rémunérations, dont l’échéance de transposition vient d’expirer le 7 juin : un chantier qui mobilise autant les DRH que les DSI, sommées de fiabiliser des données salariales éclatées.

Pour terminer, impossible, bien sûr, de contourner le sujet de la souveraineté numérique. « Chaque client que je rencontre me parle de sa souveraineté », reconnaît Hervé Uzan, qui annonce l’arrivée d’un Workday EU Sovereign Cloud disponible en juillet avec des centres de données en Europe, des données hébergées en Europe et des équipes d’exploitation européennes.

Des agents « prêts en deux minutes », un socle de données unifié pour leur donner de la pertinence et du contexte, un modèle de processus unifié pour simplifier les automatisations, une même interface pour rester dans un cadre cohérent, une plateforme pensée pour l’ère agentique avec contrôle, visibilité et orchestration intégrés et un cloud européen… À Elevate Paris 2026, Workday vient cocher toutes les cases pour répondre aux enjeux des DSI français et européens.

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