Angelique de Vries : Workday active son cloud souverain avec AWS

@Work

IA de confiance et cloud souverain : l’engagement européen de Workday selon Angelique de Vries-Schipperijn

Par Laurent Delattre, publié le 08 juillet 2026

Workday tenait fin juin son événement parisien « Elevate 2026 ». L’occasion pour IT for Business d’interroger Angelique de Vries-Schipperijn, présidente EMEA de l’éditeur, sur deux sujets devenus indissociables dans les comités de direction européens : la confiance dans l’IA et la souveraineté des données.

Arrivée chez Workday fin 2022, après vingt-quatre ans chez SAP puis un passage à la tête de Salesforce Europe du Nord, la dirigeante néerlandaise porte un message des plus limpides : la confiance ne s’improvise pas surtout au moment où l’IA s’invite dans les processus RH et financiers. La confiance se cultive depuis l’origine. Et elle se matérialise désormais très concrètement, avec l’ouverture, début juillet, d’un cloud souverain européen pour héberger Workday et vos données.

Un contrat de confiance forgé depuis vingt et un ans

Comment Workday définit-il une IA « digne de confiance » ? Pour Angelique de Vries-Schipperijn, la réponse s’enracine dans l’ADN même de l’entreprise. « C’est un sujet très important pour Workday », pose-t-elle d’emblée. « Workday a été fondée il y a 21 ans comme une société cloud native dédiée aux RH et à la finance… Les processus métier les plus critiques au monde ». Et dès l’origine, l’entreprise s’est fixé une mission première et constante : « protéger les données de nos clients ».

Paie, rémunérations, évaluations, données financières : la matière que manipule la plateforme –(utilisée par plus de 11 000 organisations dans le monde) compte parmi les plus sensibles de l’entreprise. L’irruption de l’IA, désormais embarquée au cœur de la plateforme avec Illuminate et ses agents, ne change pas la nature du contrat passé avec les clients, elle en relève l’exigence. « Maintenant que nous basculons dans le monde de l’IA, la question qui se pose est de même nature », observe la présidente EMEA.

Sa réponse passe notamment par un dialogue permanent avec Bruxelles, engagé bien avant la vague réglementaire actuelle, RGPD hier, Data Act et AI Act aujourd’hui. « Depuis le premier jour, nous travaillons avec l’Union européenne pour que les données demeurent, là aussi, sûres, transparentes et dignes de confiance », explique-t-elle, avant de fixer le cap : « C’est un engagement que nous sommes déterminés à tenir à mesure que la technologie évolue. »

Un cloud souverain européen activé le 1er juillet avec AWS

Reste la question que posent désormais tous les appels d’offres du secteur public comme des industries régulées : comment garantir la souveraineté aux clients de la région EMEA ?

Sur ce terrain, Angelique de Vries-Schipperijn avance une réponse datée et opérationnelle : « Nous lançons, avec notre partenaire AWS, une solution EU Sovereignty Cloud le 1er juillet 2026. »
Dévoilée en novembre dernier à Barcelone lors de Workday Rising EMEA l’offre, officiellement baptisée Workday EU Sovereign Cloud, vient donc d’entrer en service. « Elle procure le niveau supérieur de la souveraineté européenne », promet la dirigeante.

Concrètement, la solution s’adosse à l’AWS European Sovereign Cloud, cette infrastructure indépendante ouverte en janvier dernier depuis le Brandebourg, en Allemagne, physiquement et logiquement séparée des autres régions AWS et exploitée exclusivement par du personnel résidant dans l’Union. Workday y ajoute ses propres garanties : résidence intégrale des données dans l’UE (traitements IA compris), exploitation, support et maintenance assurés par des équipes européennes, chiffrement de bout en bout, audits indépendants et supervision d’un comité consultatif européen. De quoi répondre à une attente devenue massive : selon une étude BARC citée par l’éditeur, plus de 80 % des dirigeants font aujourd’hui de la souveraineté des données une priorité stratégique.

Bien sûr, cette approche n’éteint pas totalement le débat sur l’extraterritorialité du droit des États-Unis mais Workday assume une logique d’amélioration continue plutôt qu’une promesse absolue. « Nous menons des programmes stratégiques pour travailler en permanence sur ce qui doit être fait afin que les données de chacun restent sûres et sécurisées », conclut Angelique de Vries-Schipperijn. Une manière de rappeler que, pour l’éditeur, la souveraineté n’est pas un produit que l’on lance, mais une trajectoire que l’on tient.

À LIRE AUSSI :

À LIRE AUSSI :

Dans l'actualité

Verified by MonsterInsights