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Et si l’IA faisait revenir les employés au bureau
Par Xavier Biseul, publié le 15 octobre 2026
Lieu dédié à l’échange et à la créativité, le bureau devient plus stratégique que jamais avec le développement de l’IA. À condition d’optimiser son aménagement et de proposer de nouveaux services.
La généralisation de l’IA fait décidément bouger toutes les lignes. Alors que les entreprises peinent à faire revenir leurs salariés au bureau après la généralisation du télétravail post-Covid, le déploiement des modèles d’intelligence artificielle participerait – de manière contre-intuitive – à un retour au présentiel.
Selon une étude menée par l’Ifop pour l’opérateur immobilier Gecina, « l’IA renforce le rôle stratégique du bureau, en l’ancrant davantage dans les usages à forte valeur ajoutée ». Alors qu’elle absorbe les tâches répétitives et chronophages, le bureau est appelé à devenir plus que jamais un lieu d’échanges, de créativité collective, de formation et de transmission (mentorat).
85 % des dirigeants interrogés (PDG, DG, DAF ou DRH) voient ainsi le bureau de demain avant tout comme un lieu de coopération et de décision.
Ce qui suppose de faire évoluer l’habituel cadre de travail. 60 % des entreprises anticipent ainsi une modification de leurs besoins immobiliers, aussi bien en matière de surfaces, d’aménagements, de services que d’équipements.

La fin des open spaces ?
Fini les open spaces déshumanisés, les grandes salles de réunion et les postes de travail individuels, le bureau devient modulable et chaleureux avec des zones calmes et des « bulles » pour se reposer ou se concentrer, des petites salles pour les « visios », des espaces de convivialité et des lieux dédiés à l’innovation.
On vient au bureau pour le lien social, mais aussi pour « brainstormer » et se coordonner entre membres d’une même équipe. Près des trois quarts des dirigeants sondés anticipent un creusement de l’écart entre les bureaux bien équipés, plus collaboratifs et offrant tous les services attendus, et les bureaux standards. Bien sûr, ces bureaux à l’ère de l’IA doivent être ultra-connectés tout en garantissant la confidentialité et la sécurité des échanges.
Renforcer la marque employeur grâce aux locaux qui accueillent les collaborateurs
Alors que les experts de l’IA s’arrachent à prix d’or, la qualité des bureaux vient renforcer une stratégie de marque employeur. 78 % des décideurs en font un facteur clé d’attractivité et de rétention des talents. Un pourcentage qui monte à 86 % parmi les dirigeants franciliens.
Face à cette nouvelle donne, 72 % des entreprises prévoient de faire évoluer leur stratégie immobilière à horizon trois ans. Il s’agit avant tout d’investir dans des espaces de travail plus qualitatifs, mieux équipés et bien situés.
Alors que la généralisation du télétravail avait permis d’envisager une baisse importante de l’empreinte immobilière, seuls 9 % des dirigeants citent désormais la réduction des surfaces comme un facteur d’économie.
Sans surprise, les entreprises d’Île-de-France, davantage tertiarisées, apparaissent à la fois plus avancées dans leur appropriation de l’IA et plus exigeantes en ce qui concerne leur vision du bureau idéal. Sur le plan générationnel, notons aussi que les dirigeants de moins de 35 ans accordent plus d’importance à la qualité des espaces et à leur localisation.
Enfin, l’étude fait un lien direct entre la maturité IA des organisations et leurs exigences vis-à-vis du bureau. Celles dotées d’une stratégie IA formalisée et déployée sont 77 % à anticiper une modification de leurs besoins immobiliers, contre 34 % pour celles dépourvues de stratégie IA. Sauront-elles demander à leur IA générative préférée comment aménager leurs futurs bureaux ?
Photo : Copernico / Unsplash
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