Secu
Cyber-résilience en 2026 : les tendances à ne pas manquer
Par La rédaction, publié le 05 janvier 2026
Updates qui déraillent, service client retourné, chatbots IA manipulés, IoT prêt pour le DDoS : La prochaine vague d’incidents combinera vraisemblablement fragilités opérationnelles et dépendances numériques, bien au-delà de la seule « faille ». Plans de reprise réellement testés, scénarios hors ligne, maîtrise des interfaces IA et hygiène IoT s’imposent comme les grandes priorités de cyber-résilience en 2026.
De Jérôme Renoux, Regional VP France, Akamai
Le mot-clé de 2025 ? Résilience… ou son absence. Des attaques massives ont ciblé des distributeurs et des fabricants, exploitant notamment le service client pour accéder aux données et réinitialiser des mots de passe. Ce n’était pas le vecteur principal, mais il est apparu comme une faille peut-être insuffisamment testée. Une évolution intéressante du point de vue de la résilience. À cela s’ajoutent des pannes massives dues à des mises à jour défectueuses. Une question s’impose : peut-on faire confiance à chaque update ? Les entreprises doivent se préparer et réfléchir à la manière de réduire ce risque.
Survivalisme et retour aux sources
Face à la surenchère des cyberattaques, les dirigeants sont de plus en plus incités à conserver des copies physiques de leurs plans de reprise et à adopter une approche d’urgence hors ligne. En 2026, ils doivent être en mesure d’appréhender une déconnexion totale suivant une attaque. Que faire lorsque l’accès aux systèmes est rompu ?
L’esprit survivaliste ou « prepper » et le retour aux bonnes vieilles méthodes représentent une option sérieuse. Celle-ci inclut la préparation d’un kit de secours contenant des plans de reprise imprimés, mais aussi un téléphone portable classique préchargé avec les contacts principaux, et même du chocolat pour les nuits marathon qui suivront inévitablement. Ce n’est pas un plan B ou C, c’est une solution de dernier recours. Celle que l’on espère ne jamais utiliser, mais qui pourrait sauver la mise le moment venu.
Cybersécurité : attirer les jeunes talents avant qu’ils ne basculent
Les récentes attaques montrent que des adolescents possèdent les compétences pour infiltrer les organisations les plus sécurisées. L’IA démocratise les cyberattaques, permettant à des novices de lancer des offensives.
Face à cela, il faut renforcer les programmes de bug bounty, qui orientent les esprits curieux vers des défis légaux et gratifiants, avec des récompenses financières et des expériences concrètes. Il est nécessaire de montrer que la voie légale pour tester ses compétences est bien plus attractive qu’une vie de hors-la-loi.
L’essor des attaques via chatbots IA
En 2026, l’ingénierie sociale franchira un cap avec l’adoption massive des chatbots IA pour le service client. Ces outils, capables de gérer des demandes complexes, restent vulnérables à des attaques comme l’injection de prompts ou le jailbreak.
Trop peu d’entreprises prennent ce risque au sérieux. Il est urgent de mettre en place des contrôles robustes pour éviter qu’un chatbot compromis ne devienne une porte d’entrée pour les attaquants. Le défi sera de distinguer les requêtes IA légitimes, vérifiées cryptographiquement, des tentatives malveillantes visant à aspirer les systèmes des entreprises et utiliser leurs informations sans contrepartie.
IoT et DDoS : la surconnexion des objets en ligne de mire
Les attaques exploitant les failles des objets connectés vont augmenter. Le Cyber Resilience Act (CRA) adopté par l’Union Européenne en 2024 propose une approche harmonisée pour la sécurité des appareils IoT afin de simplifier la conformité et éviter les chevauchements réglementaires. Ses dispositions seront mises en œuvre progressivement, il sera donc intéressant de voir comment les entreprises s’y conforment et quel impact cela aura sur la sécurité IoT.
2026 sera une année charnière pour la cybersécurité. Entre l’essor des IA, la montée des attaques IoT et la nécessité d’attirer les talents, les entreprises devront conjuguer anticipation, résilience et innovation pour rester dans la course.
À LIRE AUSSI :
À LIRE AUSSI :
