L’empreinte des nouvelles technologies marque de plus en plus le territoire de l’Arc de Seine, couvert par le département des Hauts-de-Seine.
Les grands projets immobiliers et les pôles de compétitivité renforcent la tendance.

La nouvelle méritait bien la tenue d’une conférence de presse de la ministre de l’Economie en personne, Christine Lagarde, en octobre 2008. En soi, la création par Microsoft de son nouveau centre européen de R&D à Issy-les-Moulineaux constitue un événement national. Et une grande réussite pour le territoire qui l’accueille. Quelques centaines d’emplois directs à la clé, une implantation prestigieuse, dans un immeuble de « haute qualité environnementale »… tout un symbole de la dynamique actuelle à l’ouest de Paris.

De Gennevilliers à Anthony en passant par la Défense, Nanterre, Courbevoie, Boulogne-Billancourt ou Issy-les-Moulineaux… cette région figure parmi les territoires leaders en France en matière d’implantations d’entreprises IT. « Sur les 800 000 emplois privés du département, environ 145 000 concernent le secteur numérique au sens large, incluant l’image et la vidéo… Un secteur qui prend une part croissante dans l’emploi », indique Thierry Solère, vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine, en charge de l’économie et de l’emploi.

L’Arc-de-Seine n’a rien à envier à ses territoires voisins ou concurrents français et étrangers, puisqu’il rassemble à la fois les deux tiers des sièges des entreprises du CAC 40 et un réseau considérable de PME plutôt implantées sur le Val-de-Seine, la communauté de communes autour de Boulogne-Billancourt et Issy-les-Moulineaux. Et, rappelle le vice-président, « ce sont bien les PME qui créent la richesse, notamment dans le secteur des technologies de l’information ». Du coup, la création et le développement de ces entreprises constituent une priorité. Et la tendance va s’accentuer notablement. « Dans les vingt ans, c’est la moitié des emplois qui seront liés au numérique », estime Thierry Solère.

L’île Seguin à Boulogne, le Cube à Issy-les-Moulineaux, l’agrandissement de la Défense… les grands projets de développement ne manquent pas et promettent de nouvelles opportunités d’emploi. Des projets qui laissent présager un bel avenir quant aux implantations sur le territoire. Mais c’est aussi – surtout ? – l’impact des pôles de compétitivité qui sera déterminant.

Sept pôles sur un département

A l’ouest de Paris, c’est le pôle System@tic qui domine largement. « Les télécoms, l’automobile et les transports, la sécurité et la défense constituent des marchés à haut potentiel pour les systèmes complexes, indique-t-on chez System@tic. Les systèmes à fort contenu logiciel enregistrent une croissance à deux chiffres de l’ordre de 10 à 20 % par an. » Ce sont 70 % du potentiel francilien des systèmes complexes, qui se trouvent ainsi concentrés sur l’Essonne, les Yvelines et les Hauts-de-Seine. Avec, pour ce dernier département, une forte dominante de grandes entreprises participant au pôle. Cet effet cluster génère-t-il pour autant des emplois ? Sûrement, mais impossible pour l’instant d’en mesurer précisément les contours. Mais les synergies ont déjà attiré des entreprises sur le territoire, permis de réaliser des projets grâce à l’effet réseau, aux labels et aux financements dus au pôle…

Et ce n’est pas tout. Outre System@tic, le département accueille également six autres pôles : Médicen Paris-Région, Finance Innovation, Cap Digital, Mov’eo, Advancity et AStech. Ils ne gravitent certes pas tous autour des TIC autant que System@tic et Cap Digital. Mais toutes les activités concernées s’appuient sans aucun doute sur des systèmes d’information éprouvés. De bonnes opportunités, donc, pour les prestataires et les ingénieurs. Car dans les entreprises participant à ces pôles, les TIC ont forcément valeur stratégique !

Six projets d’am?gement immobilier

Boulogne-Billancourt (17 % des effectifs), Nanterre (16 %), Courbevoie (12 %), Puteaux (8 %) et Levallois-Perret (6 %) concentrent la majorité des emplois liés à l’informatique du département.