Dirigeable solaire, aéroport vertical, contrôle aérien en 3D… Le spécialiste de la R&D externalisée a présenté, au Bourget, ses dernières innovations dans le domaine du transport aérien.

Dix minutes, c’est le temps maximal qui doit s’écouler entre l’arrivée d’un passager et son embarquement dans les aéroports du futur imaginés par Altran. Avec 340 millions d’euros de chiffre d’affaires et 4 000 ingénieurs, la division aéronautique de la société de conseil en technologies a les moyens de ses ambitions. Pour atteindre cet objectif, les ingénieurs ont imaginé deux types d’aéroports.

Dans le modèle horizontal ou « Passenger Airport Shuttles », un système de navettes individuelles conduit chaque passager à son avion pour l’embarquement dès son arrivée à l’aéroport, et les procédures seraient considérablement raccourcies grâce aux technologies mobiles. Seulement, avec les 44 millions de passagers prévus quotidiennement aux alentours de 2050, le plus gros défi en termes d’infrastructure reste les 4 000 navettes nécessaires à l’acheminement des voyageurs.

Le modèle « Eye to the Sky » est, cette fois, un prototype d’aéroport vertical à étages. Les passagers sont guidés via des panneaux en réalité augmentée, et acheminés à chaque service de l’aéroport par des ascenseurs, jusqu’aux pistes de décollage situées sur le toit.

Des avions connectés et gérés depuis une tablette

Les ingénieurs d’Altran ne limitent pas les évolutions aux structures au sol. Pour le vol, ils ont développé Flight Focus, une plate-forme à laquelle les passagers peuvent se connecter dans l’avion en Wi-Fi afin d’accéder à des films, des jeux ou à des informations sur le vol. Ils ont la possibilité d’acheter des applications.

Le pilote peut également s’y connecter afin d’accéder aux détails du plan de mission, aux procédures et aux manuels. Ce qui représente un gain de poids et de temps considérable par rapport aux versions papier. Ce service, couplé à une antenne Irridium située dans le cockpit, permettrait de fournir une bande passante dans la cabine sans perturber les appareils de vol.

Les ingénieurs d’Altran ont également développé Immersive ATM, une interface homme-machine en 3D appliquée au contrôle aérien qui propose des services de gestion de conflits, d’outil d’aide à la simulation et d’analyse rétroactive des collisions. L’application peut être contrôlée par geste, commande vocale ou via une tablette de type iPad.

Des prototypes d’appareils volants écologiques

Après sa participation au projet Solar Impulse, un avion fonctionnant grâce à l’énergie solaire, Altran a commencé le développement d’un prototype de drone dirigeable fonctionnant, lui aussi, uniquement grâce au soleil. Ce prototype, nommé Sun Cloud et pouvant transporter jusqu’à 200 tonnes, possède une structure modulable qui se modifie en fonction de la charge transportée, les commandes de vol s’adaptant à l’aérodynamisme de la structure.


Le plus grand centre de maintenance au monde à Dubaï

Un des principaux problèmes de maintenance d’un appareil privé est le délai des réparations dû à la décentralisation des pièces et de la main-d’œuvre. Avec le projet « The Wings Valley », Altran veut supprimer ce problème en créant un gigantesque chantier dans le désert de Dubaï, qui regrouperait la main-d’œuvre et les pièces nécessaires à l’entretien de 60 avions d’affaires et de 40 hélicoptères par mois.

Ce centre regrouperait les meilleures technologies présentes sur le marché, et posséderait un institut technologique regroupant plusieurs centres de formations (Altran MRO Institute of Technology). Altran veut également faire de ce centre une vitrine de solutions écoresponsables, grâce à un bilan énergétique prévu pour être positif et un centre de recyclage.

Enfin, pour soutenir son activité, Altran a annoncé le recrutement de 600 experts cette année dans les secteurs de l’aéronautique, du spatial et de la défense. Pour attirer les talents, le groupe a recours sur le salon même du Bourget à une campagne de recrutement innovante, mêlant plateau télé, page Facebook et site dédié.