ChannelScope
Barracuda fait évoluer sa plateforme et unifie son programme partenaires
Par Vincent Verhaeghe, publié le 30 mars 2026
Protection de Google Workspace, consolidation de SecureEdge Access et supervision du shadow AI : trois ajouts qui élargissent sensiblement le périmètre de BarracudaONE, la plateforme de cybersécurité lancée par Barracuda en juin 2025. Simultanément, le programme partenaires remet MSP et intégrateurs au même niveau pour coller enfin à une réalité commerciale que l’organisation interne avait mise en place il y a dix-huit mois.
Conçue pour permettre aux partenaires de piloter l’ensemble des produits Barracuda depuis une interface unique, tout en supervisant la remédiation et en reportant la valeur du service à leurs clients, la console BarracudaONE s’enrichit ce mois-ci de trois nouvelles capacités.
La première concerne la messagerie. Jusqu’ici, BarracudaONE était fortement centré sur Microsoft 365. Barracuda prend désormais en charge Google Workspace, avec le même niveau de protection contre le phishing, l’usurpation de compte et l’usurpation d’identité, depuis une interface unique. « C’était demandé par nos clients et nos partenaires et ça permet à notre offre de couvrir la majorité du marché », note Benoît Juvin, directeur de la distribution pour l’Europe de l »ouest de Barracuda.
La deuxième porte sur la sécurité réseau, avec la fonctionnalité SecureEdge Access. Barracuda disposait historiquement de plusieurs solutions pour adresser la sécurisation des accès : une appliance physique Web Security Gateway, une première technologie Zero Trust baptisée CloudGen Access, une offre ContentShield. « Il y a eu un énorme investissement technologique de consolidation mais désormais, tout est réuni autour d’un même service », explique Benoît Juvin. SecureEdge Access rassemble ainsi sécurité DNS, sécurité Internet et, dans sa version premium, des fonctionnalités Zero Trust avancées où seul un chemin d’accès spécifiquement déclaré peut fonctionner, avec une granularité fine selon l’utilisateur, l’appareil ou la ressource visée. « C’est le remplacement des VPN traditionnels via des outils pensés pour les nouveaux usages », résume Benoît Juvin.
L’usage de l’IA surveillé
Troisième ajout : Barracuda AI Security, incluse sans surcoût dans BarracudaONE. Elle adresse un angle mort qui préoccupe de plus en plus les DSI et les MSP. « Tout le monde a recours de manière personnelle à Copilot, Claude, ChatGPT. Toutes les données uploadées dans ces outils deviennent des données publiques. Il y a de vrais problèmes de confidentialité et d’exfiltration de données potentielles », formule Benoît Juvin. La réponse n’est pas l’interdiction aveugle, mais la gouvernance. La fonctionnalité AI Security offre une visibilité complète sur les usages de l’IA générative au sein de l’entreprise, y compris les outils inconnus des équipes IT. Il existerait plus de 400 outils d’IA générative accessibles en ligne. « Si tu les connais pas, tu ne peux pas les bloquer », résume Benoît Juvin. Une fois la réalité cartographiée, les partenaires et leurs clients peuvent décider des politiques à appliquer : limitation d’accès via des règles firewall, redirection ou sensibilisation des utilisateurs.
Trois compléments pour une plateforme universelle
Ces trois ajouts s’inscrivent dans une plateforme dont l’architecture repose sur plusieurs couches. La première regroupe les produits du portfolio : antispam, sécurité des applications et sécurité réseau, nourris par une base de Threat Intelligence commune à l’ensemble des produits Barracuda, qui s’appuie sur plus de 250 000 sources. « L’intelligence artificielle permet, avec une vitesse complètement démultipliée, de corréler ces logs et de comprendre ce qu’il se passe », précise Benoît Juvin. Ces sources sont exclusivement internes : Barracuda ne fait pas appel à des listes tierces.
À cela s’ajoute un SOC managé, opéré 24/7 par des équipes Barracuda, mais qui peuvent adresser les produits de marques tierces. « On a une matrice de compatibilité très large, capable de prendre en charge l’hétérogénéité de tous les clients finaux, que ceux-ci s’appuient sur du Fortinet, du Palo Alto, du WatchGuard ou du Microsoft Defender côté email », explique Benoît Juvin, . Le service se souscrit de façon granulaire selon ses besoins et son installation, avec une tarification par asset ou par nombre d’utilisateurs, sans frais d’installation. « C’est par projet, puisqu’il faut définir une chaîne de responsabilité : si un incident survient, notre SOC contacte le partenaire, et si le partenaire ne répond pas, il contacte le client final », précise Benoît Juvin.
La plateforme propose enfin une console multi-clients multi-produits, complétée par un outil de reporting adaptable selon l’interlocuteur : technique pour les équipes IT, synthétique pour un dirigeant. « Un partenaire MSP va pouvoir dire à son client : pendant ce mois, j’ai analysé 500 000 logs, il y a eu tant d’alertes, voilà ce que j’ai remédié, voilà les menaces concrètes contre lesquelles je vous ai protégés », illustre Benoît Juvin. Preuve de valeur indispensable, alors que la cybersécurité efficace est par définition silencieuse.
Un programme qui rattrape la réalité du terrain
L’autre nouveau est à chercher du côté channel. Il y a dix-huit mois, Barracuda a fusionné ses deux organisations commerciales, celle dédiée aux MSP et celle dédiée aux revendeurs traditionnels. « Je travaille avec presque un tiers de purs MSP, un tiers d’hybrides et un tiers d’intégrateurs. Maintenir deux interlocuteurs distincts pour des partenaires dont les modèles se superposent n’avait plus de sens. », explique Benoît Juvin.
Cette réalité organisationnelle s’est traduite dans le programme partenaires qui regroupe là ausis les différentes catégories de revendeurs. Le Partner Success Program unifié couvre ainsi l’ensemble de l’écosystème avec trois niveaux déterminés en prenant en compte la totalité du revenu d’un partenaire, qu’il soit généré en mode MSP sur loyers mensuels ou en achat-revente traditionnel.
Le portail unifié centralise formations, ressources marketing et base de connaissances, avec des certifications remises à niveau. Barracuda y intègre Bailey (Barracuda AI), un assistant IA en langage naturel qui permet à un partenaire de trouver instantanément une procédure d’installation ou une ressource commerciale sans naviguer dans des menus. « L’idée, c’est que l’information vienne à eux et pas qu’ils aient besoin de la chercher sur diverses sources éparpillées », résume Benoît Juvin. La marque sera présente au Forum InCyber de Lille.
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