Data / IA
Developer Agent, gouvernance et Open Platform : Workday outille la fabrique d’agents IA
Par La rédaction, publié le 17 juillet 2026
Dans le sillage de sa conférence développeurs, Workday poursuit sa mue agentique. Sur le plateau d’IT for Business, Pierre Gousset détaille les trois chantiers qui structurent désormais la stratégie de l’éditeur : outiller les développeurs, sécuriser les agents et refonder la plateforme à l’ère de l’IA. Un triptyque qui répond frontalement aux préoccupations des DSI : conversation plutôt que code, gouvernance native et accès unifié à la donnée.
L’événement n’est pas anodin pour l’éditeur, et Pierre Gousset ne s’en cache pas. « Cette conférence, elle est très importante pour nous », insiste-t-il d’emblée. Et pour cause : elle a réuni 6 000 développeurs et servi de rampe de lancement à trois grandes familles d’innovations. Car Workday ne se contente plus d’embarquer de l’IA dans ses produits. L’éditeur entend désormais donner aux développeurs les moyens de fabriquer eux-mêmes leurs agents, tout en garantissant qu’ils resteront gouvernables et sécurisés dans la durée.
Quand la conversation remplace le code
Première annonce forte : la prochaine disponibilité du Developer Agent. « Une nouvelle boîte à outils mise à disposition des développeurs pour qu’ils puissent développer des agents, des agents autour des fonctions RH, finance, IT et toutes autres fonctions de l’entreprise », détaille Pierre Gousset. Le périmètre se veut large. Mais ce qui distingue véritablement l’outillage tient, selon lui, en trois choses. La première bouscule les habitudes. « La conversation remplace le code, désormais, tous les développeurs vont pouvoir, en langage naturel, demander à créer des agents. » La deuxième innovation est celle de la liberté de plateforme. « Ils vont pouvoir le faire sur la plateforme de leur choix, en fonction de leurs préférences ». Codex, Cursor, une autre plateforme d’IA ou Workday directement : le développeur reste maître de son environnement. La troisième, enfin, concerne l’outillage lui-même. « Il nous a fallu outiller cette capacité à développer les agents », poursuit Pierre Gousset, qui annonce la disponibilité de 50 skills prêtes à l’emploi, mais aussi « un autre partenariat très important pour assurer la sécurité et la gouvernance des agents, un partenariat avec Cisco ».
Des agents traités comme des collaborateurs
Reste la question que tout DSI se pose avant d’ouvrir sa plateforme aux agents : peut-on leur faire confiance ? Pour Workday, la réponse commence par un changement de regard. « Nous considérons que les agents feront partie de votre workforce », pose Pierre Gousset. La conséquence est directe : un agent « doit être considéré aussi sérieusement que vous le faites lorsque vous intégrez un employé dans votre entreprise ». Dès lors, « la sécurité et la gouvernance sont deux éléments qui sont au cœur de notre stratégie ». Concrètement, l’éditeur confirme d’abord la disponibilité d’une console de gouvernance baptisée Agent System of Record. Sa promesse ? « Permettre à une organisation de gérer le cycle de vie de tous les agents qui sont connectés à un moment donné à un système Workday », résume le dirigeant. En clair : les enregistrer, « définir quelles sont leurs permissions, quels sont leurs rôles dans l’organisation », les rattacher au bon niveau organisationnel, puis « en monitorer l’efficacité et l’usage ».
À cette console s’ajoute un volet sécurité pensé pour les développeurs. Via le partenariat Cisco, d’abord, mais aussi grâce aux skills, que Pierre Gousset présente comme « un langage standard, un nouveau standard sur le marché ». Leur rôle : « identifier les permissions autorisées aux agents », et donc, résume-t-il, « définir leur périmètre d’action ».
Open Platform : refonder l’accès à la donnée et au contexte
Le dernier sujet touche aux fondations. « C’est un thème qui nous tient à cœur », confie Pierre Gousset. L’Open Platform désigne, dans ses mots, « le travail fondamental que nous avons effectué pour refonder notre plateforme à l’ère de l’intelligence artificielle ». Le point de départ est un constat désormais familier des DSI. « Pour que l’intelligence artificielle fonctionne, elle a besoin d’abord d’un accès à la donnée, mais du contexte qui définit cette donnée », rappelle-t-il. D’où l’objectif premier : « rendre l’accès à cette donnée et au contexte facile ».
Cette conviction structure les trois composants de l’Open Platform. Le premier, le Workday Data Cloud, repose sur « un système d’accès bidirectionnel, sans copie, avec ce qu’on appelle une zéro copie technologie », décrit le dirigeant, pour ouvrir aussi bien les données de Workday que celles d’autres applications. Le deuxième rassemble les outils confiés à la communauté des développeurs, « pour qu’ils puissent eux-mêmes développer leurs propres agents sur les outils de leur choix, avec les standards du marché qui s’imposent et en langage naturel ». Le troisième, enfin, ferme la boucle avec la gouvernance des agents et sa console centrale, « pour que vous puissiez gérer vos agents comme vous gérez vos employés aujourd’hui ».
Une boîte à outils conversationnelle, une console pour traiter les agents comme des collaborateurs, un accès unifié à la donnée et au contexte… Au fil de ces annonces, Workday assemble les pièces d’une plateforme pensée pour l’ère agentique. Une conviction que Pierre Gousset résume d’une image : l’IA ne vaut que si l’entreprise garde la main, et gouverne ses agents comme elle gouverne ses femmes et ses hommes.
Retrouvez les temps forts d’Elevate Paris 2026.
