Il y a urgence. Il ne peut y avoir de parité et d’inclusivité dans les entreprises si la gente féminine fuit les écoles informatiques. Ces dernières se mobilisent pour former les femmes aux métiers du numérique.

L’enfer des DSI et des recruteurs de l’IT est d’arriver à constituer des équipes techniques avec une pseudo parité hommes-femmes. Il n’y a tout simplement pas suffisamment d’élèves féminines dans les écoles qui mènent à tous les métiers technologiques. Cela n’a pas toujours été le cas. Un film comme « Les femmes de l’ombre » rappelle à quel point la gente féminine a toujours été fortement représentée au début de l’informatique. Et le premier programme jamais écrit l’a été par une femme : Ada Lovelace sur la très virtuelle machine analytique de Babbage. En 1979, l’INSA de Rennes comptait 55% de femmes en section informatique. Elles ne représentaient plus que 14% en 2001 ! En 2018, le taux moyen de femmes dans les sections informatiques des écoles et universités était de 15%. Pourtant, si l’on en croit une récente étude du cabinet McKinsey, atteindre la parité pourrait, en France, générer 10% de PIB supplémentaires d’ici à 2025 tant l’industrie informatique peine aujourd’hui à recruter.

Aujourd’hui, les écoles informatiques cherchent à élargir l’audience féminine. Typiquement, l’école 42 a levé les restrictions d’âge à l’entrée afin d’attirer des femmes de 30 à 40 ans qui remettent leur carrière en question. L’école s’est également associée à Vestiaire Collective pour féminiser le numérique en offrant des places aux abonnées du site de dépôt-vente en ligne lors de son épreuve de rentrée (dénommée La Piscine).

De son côté l’EPITA en association avec Google et Prologin vient de lancer une nouvelle opération dénommée «  Girls Can Code! Week-end ». L’objectif est d’initier un plus grand nombre de filles qui souhaitent une première découverte du numérique, avant éventuellement de participer à un stage long. Le stage permet de découvrir le langage de programmation Python et de s’initier à la programmation sur des microcontrôleurs. Montpellier, Nancy et Rennes sont les premières villes à participer à cette opération.

Autre exemple, la Wild Code School de Lille (qui fait partie du groupement de La Grande École Numérique) avait cette année réservé des places spécifiquement aux femmes pour sa rentrée 2019.

Bref les écoles se mobilisent mais le message passe encore trop lentement auprès des collégiennes et des lycéennes. L’informatique a un déficit d’image et le secteur manque encore de visages féminins reconnus et médiatisés. Les entreprises, les écoles, les pouvoirs publics ont un rôle à jouer, les parents aussi à commencer par ceux qui, justement, travaillent dans ces filières…

Source :
Girls can Code Week-End