L’ex-patron de ST-Ericsson, qui a démissionné le mois dernier de son fauteuil de PDG, ne sera pas resté longtemps éloigné de l’industrie électronique. A 53 ans, il devient directeur général du numéro deux mondial de la carte à puce Oberthur Technologies (6 000 employés), à la fois client et fournisseur de STMicroelectronics.

Comme son prédécesseur Xavier Drilhon, Didier Lamouche aura pour mission de doubler le chiffre d’affaires de la société spécialisée en sécurité d’ici à 2016 pour atteindre 1,8 milliard d’euros. Il compte développer davantage la partie logiciels et services en la faisant passer selon Les Echos, de 28 à 40 % du chiffre d’affaires total. Un défi qu’il avait déjà relevé avec succès lorsqu’il avait dirigé Bull entre 2005 et 2010. L’explosion attendue de la 4G et des technologies sans contact NFC devraient également favoriser la croissance attendue par les actionnaires d’Oberthur Technologies, en l’occurrence le fonds d’investissement Advent International qui l’avait racheté via un LBO en 2011.

Sa nomination intervient toutefois dans un climat particulier. La Commission européenne a indiqué qu’elle avait les fabricants européens de cartes à puce dans le collimateur. Sans citer de nom, Bruxelles soupçonne de supposées ententes commerciales entre industriels. Une sorte de cartel européen de la carte à puce se serait ainsi accordé dans la commercialisation de leurs offres auprès des opérateurs de téléphonie mobile et de télévision payante. Si l’enquête réunit suffisamment de preuves, les amendes encourues pourraient atteindre 10 % du chiffre d’affaires annuel mondial de chacun des industriels impliqués.